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Archive for the ‘Maghreb’ Category

Kamel Daoud (photo credit: Denis Allard/REA)

Kamel Daoud (photo credit: Denis Allard/REA)

Adam Shatz’s portrait of Algerian writer Kamel Daoud—on whom I posted last December—is up on The New York Times website (it will appear in hard copy in this Sunday’s NYT Magazine). It’s an excellent piece—as one would expect from Adam—and is as much about contemporary Algeria as about Daoud himself. It’s a must-read for anyone with an interest in that country but also in the Arab world more generally.

On the subject of Algeria, France 3’s weekly documentary television series, Thalassa—a great program and popular; I’ve been watching it off-and-on for decades—will be entirely consecrated to Algeria this Friday (April 3rd). Anyone with the slightest interest in Algeria will want to watch it. It will be on replay on the program’s website for a week following the broadcast.

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Kamel Daoud (photo credit: AFP/Bertrand Langlois)

Kamel Daoud (photo credit: AFP/Bertrand Langlois)

[update below]

Kamel Daoud, the excellent Algerian commentator and author—whose latest novel was a finalist for the 2014 Prix Goncourt—, has been hit with a fatwa by salafi imam Abdelfatah Hamadache (a.k.a. Shaykh Abd al-Fatah al-Jaza’iry)—who preaches in salafi Algiers mosques and leads a micro-political party (not recognized by the Algerian state) called the Islamic Sahwa Front—, calling Daoud a “Zionized…apostate” who insults “Allah” and the Qu’ran, and who would, if Algeria were governed by Shari’a law, be put to death for “apostasy” and “heresy” (the good imam published the fatwa yesterday on his Facebook page; the post begins with this: دعوة لتطبيق الحد عليه). Here is Daoud’s brilliant riposte, published on his FB page. It merits translation into English and other languages

 50 nuances de haine

Question fascinante: d’où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l’histoire et dans leur mémoire dès que quelqu’un pense autrement qu’eux ? La peur d’être dans l’erreur les poussant donc à imposer l’unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l’Autre ? De toute une histoire d’échecs, de frustrations, d’amour sans issue ? De la chute de Grenade ? De la colonisation ? Labyrinthe. Mais c’est étrange: ceux qui défendent l’islam comme pensée unique le font souvent avec haine et violence. Ceux qui se sentent et se proclament Arabes de souche ont cette tendance à en faire un fanatisme plutôt qu’une identité heureuse ou un choix de racine capable de récoltes. Ceux qui vous parlent de constantes nationales, de nationalisme et de religion sont souvent agressifs, violents, haineux, ternes, infréquentables et myopes: ils ne voient le monde que comme attaques, complots, manipulations et ruses de l’Occident. Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l’Afrique où l’on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l’Occident et eux comme couple du monde, le reste c’est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L’abbé Pierre n’est pas un emploi de musulman ?

Laissons de côté. Gardons l’œil sur la mécanique: de quoi est-elle le sens ? Pourquoi l’identité est morbidité ? Pourquoi la mémoire est un hurlement par un conte paisible ? Pourquoi la foi est méfiance ? Mais que défendent ces gens-là qui vous attaquent chaque fois que vous pensez différemment votre nationalité, votre présent ou vos convictions religieuses ? Pourquoi réagissent-ils comme des propriétaires bafoués, des maquereaux ? Pourquoi se sentent-ils menacés autant par la voix des autres ? Etrange. C’est que le fanatique n’est même pas capable de voir ce qu’il a sous les yeux: un pays faible, un monde «arabe» pauvre et ruiné, une religion réduite à des rites et des fatwas nécrophages après avoir accouché, autrefois, d’Ibn Arabi et un culte de l’identité qui ressemble à de la jaunisse.

C’est qu’il ne s’agit même pas de distinctions idéologiques, linguistiques ou religieuses: l’imbécile identitaire peut tout aussi être francophone chez nous, arabophone, croyant ou passant. Un ami expliqua au chroniqueur que la version cheikh Chemssou laïc existe aussi: avec la même bêtise, aigreur, imbécillité et ridicule. L’un parle au nom de Dieu, l’autre au nom des années 70 et de sa conscience politique douloureuse et l’autre au nom de la lutte impérialiste démodée ou du berbérisme exclusif. Passons, revenons à la mécanique: de quoi cela est-il le signe ? Du déni: rues sales, immeubles hideux, dinar à genoux, Président malade, une dizaine de migrants tués dans un bus sur la route du rapatriement, dépendance au pétrole et au prêche, niveau scolaire misérable, armée faiblarde du Golfe à l’océan, délinquances et comités de surveillance du croissant, corruption, viols, émeutes. Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l’avis de Kamel Daoud, le film «l’Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l’Occident en général, le bikini en particulier et l’affirmation que je suis Algérien ou le cas d’Israël comme structure des imaginaires morbides.

Pourquoi cela existe ? Pourquoi l’âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

A petition has been launched in Algeria expressing solidarity with Kamel Daoud and calling on the Ministry of Justice there to prosecute Abdelfatah Hamadache for his call to murder. Très bien.

UPDATE: A well-known Algerian journalist and blogger informs me that Abdelfatah Hamadache is “nothing other than a pawn in the hands of the security services” (n’est rien d’autre qu’un jouet aux mains des services). And Éditions La Découverte’s engagé CEO François Gèze—a longtime critic of the Algerian regime—has a post (December 21st) on his Mediapart blog in which he informs the reader that Hamadache is indeed an agent of the DRS. Perhaps. Algerians will always tell you that so and so is in the pay of the DRS and offer all sorts of evidence (or “evidence”) to back it up. On en prend acte, c’est tout.

solidarité avec kamel daoud

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Abdelwahab Meddeb R.I.P.

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He died today, following a “terrible illness” so it was reported. Triste nouvelle. I didn’t know him personally and only saw him speak once—at a small conference here in Paris three years ago—, which was enough for me to decide that he was one of the smartest and, from my standpoint, most politically sympathetic Arab intellectuals I had encountered in a very long time. As I wrote after the event

The conference speakers…were very good but there was one in particular who stood out: Abdelwahab Meddeb. First time I’d ever seen him in person. Listening to him talk, it was one of those times when I say to myself “this person is quite simply brilliant.” His erudition on Islamic thought, past and present, plus his analyses and commentary of what’s happening today in Tunisia, Morocco, Egypt, and elsewhere in the region, are simply on another level.

I appreciated his public declarations over the past few years, e.g. the one he initiated during the early months of Tunisia’s post-Ben Ali political transition, “Pour la responsabilité civile” (here, scroll down), and his call to create a “global network of liberal Muslims.” In last month’s Tunisian election he announced that he would be voting for Nidaa Tounes—a perfectly understandable choice IMO—and explained why here (and he took pains to respond to his numerous, mainly gauchiste detractors). And then there was his 2011 televised debate with that overrated bloviator Tariq Ramadan (no need to say whose side I took in that one).

Meddeb published numerous books, a few that were translated into English, including The Malady of Islam and Islam and the Challenge of Civilization, plus the edited volume (with Benjamin Stora) A History of Jewish-Muslim Relations: From the Origins to the Present Day. In his memory I think I will finally read at least the first one.

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Fidaï

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À l’occasion du 60ème anniversaire du déclenchement de la Guerre d’Algérie par le Front du libération nationale, voici un peu de publicité pour ce bon documentaire—co-produit, il convient de le dire, par le grand réalisateur chinois Jia Zhang-ke—qui est sorti à Paris cette semaine—et que je me suis précipité de voir—sur la mémoire de la guerre à travers un fidaï (combattant) du FLN. La critique de cinéma Sandrine Marques a eu un bon compte rendu du film dans Le Monde

Un « fidaï », en arabe, est un soldat, soumis à un code de l’honneur strict et prêt à sacrifier sa vie pour une cause, sans pour autant aspirer à devenir martyr. Le terme se rapporte, dans le remarquable film de Damien Ounouri, à son grand-oncle Mohammed El Hadi Benadouda qui, pendant la révolution algérienne, a secrètement intégré un groupe armé du Front de libération nationale (FLN) en France. Là, on lui confie une arme et l’ordre d’assassiner un traître. El Hadi s’exécute. Il connaîtra le maquis, les règlements de compte, la clandestinité. Aujourd’hui âgé de 70 ans, il rompt enfin le silence autour de cette période obscure de sa vie.

Ses souvenirs, d’abord imprécis, sont réactivés à la faveur de reconstitutions étonnantes, organisées à la demande du réalisateur qui avait auparavant réalisé un portrait du cinéaste chinois Jia Zhang-ke. A cette occasion, Damien Ounouri se glisse dans la peau de la victime que El Hadi a grièvement blessée et qui devait décéder quelques heures tard, lors de son transport à l’hôpital. Il répète avec précision les gestes par lesquels, cinquante plus tôt, il a ôté la vie à un homme, simplement parce qu’on lui avait ordonné de le faire et que la cause n’appelait pas d’autre considération.

un double geste de transmission

La chorégraphie meurtrière contraste avec les moments de vie au présent de la famille, radieux, complices et bigarrés. Femmes, petits-enfants, cousins ignoraient tout ou presque des activités passées de l’aïeul. En exhumant son histoire des limbes où il l’avait enfouie, c’est celle de la guerre d’Algérie qui a refait surface. Les jeunes générations la méconnaissent, constate El Hadi.

Fidaï s’organise conséquemment autour d’un double geste de transmission. C’est le legs mémoriel d’un homme à sa famille qui se superpose intimement à l’histoire politique d’un pays. Damien Ounouri est dépositaire de cette mémoire. Il en explore les béances, questionnant par là-même ses origines et sa propre appartenance à l’Histoire. Elle s’incarne par le truchement des images d’archives. Elles achèvent de documenter un film puissant, qui s’offre comme un ouvroir sur le temps présent.

un documentaire qui compte

Avec lui, c’est le Printemps arabe qui résonne de toutes ses forces, en même temps que notre propre engagement. Celui du réalisateur est très physique. Ses images sont arrimées aux corps qu’il met en scène (y compris le sien) et leur élaboration produit progressivement des effets inattendus. Comme dans la séquence où El Hadi est allongé sur son lit, en proie à un malaise. Les Djinns, dit-il, sont venus à sa rencontre sur le chemin qu’il a emprunté à rebours pour faire renaître ses souvenirs. Doit-on voir, dans ce soudain effondrement, la manifestation tardive d’une culpabilité ?

Le vertige qui s’empare de ce vaillant septuagénaire est aussi celui de l’Histoire qui nous happe et nous rattrape jusque dans les arcanes les plus souterraines de notre existence. Ce courant caché et tendu comme le secret, est ce que parvient à saisir, avec beaucoup de grâce, d’intelligence et d’engagement, Damien Ounouri dans un documentaire qui compte.

Voir également la critique de Jean-Michel Frodon, anciennement du Monde, dans Slate.fr, celle du HuffPost Algérie, l’entretien avec Damien Ounouri dans Algérie-Focus, et les critiques en anglais dans Variety (très bon), IndieWire, et Middle East Monitor. La bande annonce est ici.

Pour le moment le film ne se joue que dans une salle parisienne mais on suppose qu’il sortira ailleurs en France dans les semaines à venir.

J’ai vu un autre documentaire en salle récemment, sur un moment de la lutte nationale algérienne, “Les Balles du 14 juillet 1953,” réalisé par Daniel Kupferstein, qui a fait des documentaires sur le 17 octobre 1961 et le 8 février 1962. Voici le synopsis

Le 14 juillet 1953, un drame terrible s’est déroulé en plein Paris. Au moment de la dislocation d’une manifestation en l’honneur de la Révolution Française, la police parisienne a chargé un cortège de manifestants algériens. Sept personnes (6 algériens et un français) ont été tuées et une centaine de manifestants ont été blessés ont plus de quarante par balles. Un vrai carnage.

Cette histoire est quasiment inconnue. Pratiquement personne n’est au courant de son existence. Comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie.

Ce film, est l’histoire d’une longue enquête contre l’amnésie.

Enquête au jour le jour, pour retrouver des témoins, pour faire parler les historiens, pour reprendre les informations dans les journaux de l’époque, dans les archives et autres centres de documentation afin de reconstituer au mieux le déroulement de ce drame mais aussi pour comprendre comment ce mensonge d’Etat a si bien fonctionné.

Avant que les derniers témoins ne disparaissent, il est temps que l’histoire de ce massacre sorte de l’oubli.

C’est dommage que le documentaire ait été fait après que la majorité des acteurs de l’événement sont décédés mais mieux tard que jamais. Voici un compte-rendu dans le Bondy Blog et un retour sur la manifestation du 14 juillet 1953 par un archiviste du journal L’Humanité. On peut voir un extrait de 6 minutes du film ici.

les balles du 14 juillet 1953

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The Tunisian election

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[update below] [2nd update below] [3rd update below]

What a pleasant surprise. I had assumed that Ennahda would come in first place, as it has been my operating assumption for the past 25 or so years that the Islamists will always come in first place in any genuinely free and fair general election in an Arab country. It looks like I may be behind the curve, or maybe need to rethink my assumptions. Félicitations au peuple tunisien! La Tunisie a sauvé l’honneur du monde arabe (et pas pour la première fois). If only the Egyptian military had patiently waited for the next election there, so that the Muslim Brotherhood could bite the dust legitimately and without violence (or at least a minimum of it). Or if Bashar al-Assad had sought dialogue with the Syrian opposition in spring 2011…

As for analyses and commentary, I thought this one by Bernard Guetta—this morning on France Inter—on “the three lessons of Tunisian democracy” was pretty good

Et maintenant, les ennuis commencent. Nidaa Tounes, la grande coalition des laïcs tunisiens l’a largement emporté, avant-hier, sur les islamistes d’Ennahda mais, faute d’avoir obtenu la majorité absolue à la nouvelle Assemblée nationale, elle devra se trouver des partenaires avec lesquels gouverner et n’a que deux choix devant elle.

Soit Nida Tounes – l’Appel de la Tunisie – cherche à s’agréger de petites formations et entre alors dans des marchandages sans fin qui ne mèneront qu’à l’instabilité permanente soit elle respire un grand coup et accepte de former le gouvernement d’union nationale que lui proposent les islamistes.

Cette décision révolterait beaucoup des laïcs dont la constante et si courageuse mobilisation avait forcé Ennahda, majoritaire aux élections de 2011, à finalement accepter une Constitution démocratique puis la formation d’un gouvernement de technocrates chargé d’organiser les législatives de dimanche. Cette décision ne serait pas non plus sans risques car elle impliquerait une répartition des grands postes de l’appareil d’Etat dans lequel les islamistes continueraient ainsi de s’installer alors même que tous leurs cadres ne partagent pas, et loin de là, la modération de leur direction.

Cette union nationale serait tout, sauf évidente pour les laïcs mais, d’un autre côté, rien ne serait plus dangereux pour eux que de laisser les islamistes se refaire et se radicaliser dans l’opposition alors que la situation économique est si mauvaise, que des mesures douloureuses s’imposent et que le mécontentement social ne pourra que s’accroître. Les ennuis commencent mais « Vive la Tunisie ! », car ce petit pays sans autres ressources que son intelligence collective vient de nous rappeler à trois réalité d’importance.

La première est que rien n’est plus infondé que ces théories tellement répandues sur l’incompatibilité de l’islam et de la démocratie. La Tunisie est musulmane, tout ce qu’il y a de plus musulmane, mais non seulement elle sait ce que sont la liberté, la tolérance et la démocratie mais elle sait aussi les défendre.

La deuxième réalité à laquelle rappelle son évolution depuis janvier 2011 et que l’adjectif « islamiste » ne veut plus rien dire tant les forces politiques qu’il qualifie sont différentes et même divergentes, tant il n’y a rien de commun entre les illuminés sanguinaires de l’Etat islamique, les conservateurs musulmans au pouvoir en Turquie, les Frères musulmans égyptiens et, maintenant, Ennahda dont les dirigeants veulent ancrer dans la vie politique un parti conservateur, clérical et thatchérien mais nullement jihadiste.

Quant à la troisième réalité que nous rappelle la Tunisie elle est que la Syrie aurait parfaitement pu suivre la même voie qu’elle parce qu’elle avait des élites tout aussi larges, éclairées et démocrates que les siennes. Le drame est que ces élites, on les a laissé massacrer par une dictature sanguinaire et que le monde en paie désormais le prix qui a pour nom « l’Etat islamique », l’armée de barbares que l’on sait.

This post-election interview in Mediapart with Choukri Hamd, who teaches political science at the Université Paris-Dauphine, is also worth the read.

UPDATE: Tunis-based Oxford doctoral student Monica Marks has a commentary in The Guardian (October 29th) in which she argues that “The Tunisian election result isn’t simply a victory for secularism over Islamism: The battle between Nidaa Tounes and Ennahda is more complex than enlightened secularists versus backwards Islamists.”

2nd UPDATE: Laryssa Chomiak, director of CEMAT in Tunis, has a commentary on WaPo’s Monkey Cage blog (October 29th) on “The richness of Tunisia’s new politics.” And Hussien Ibish, writing in NOW, celebrates “Tunisia’s triumph,” saying that “As much of the rest of the Arab world sinks into chaos, Tunisia shows there is real hope for the future.”

3rd UPDATE: Well-known neocon author and commentator Max Boot visited Tunisia, for the first time it seems, as a member of the International Republican Institute’s election observer mission. He was suitably impressed with the country—American and Brit pundits are invariably impressed with Tunisia, be it a dictatorship or struggling democracy—, though was disappointed with the absence of McDonald’s and Starbucks franchises in the dumpy seaside town near the Algerian border where he was based. His observations, “Tunisia Stands Alone: A peaceful election in the birthplace of the ‘Arab Spring’,” are in the November 10th issue of TWS.

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Adam Shatz, contributing editor at the London Review of Books and visiting professor at the Kevorkian Center for Near Eastern Studies at New York University—and dear personal friend—, has a must read essay/personal reflection in the latest issue of The Nation (dated August 4th) inspired by his fifteen-odd years of reporting on the Middle East and North Africa. The essay is a revised version of the Hilda B. Silverman Memorial Lecture, at Harvard University’s Center for Middle Eastern Studies, that Adam gave this past May, and which he fraternally sent me for comments beforehand. It’s typically excellent. As for watching the lecture—as the above image indicates one may do—this will apparently be possible sometime this fall.

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Celebrating Algeria's World Cup qualifying victory over Burkina Faso, November 19 2013

Celebrating Algeria’s World Cup qualifying victory over Burkina Faso, November 19 2013

This is a continuation of my post of three days ago, on Franco-Algerians and issues of identity, which I put up before saying everything I wanted to say on the subject. Three more comments. First, when pondering—and dreading—a hypothetical France-Algeria World Cup quarterfinal—which thankfully did not come to pass—, one immediately thinks of the October 6, 2001, France-Algeria friendly de funeste mémoire, before a packed Stade de France in Saint-Denis, the first time the two national teams had met for a friendly match and in France (the one previous meeting between national soccer teams of the two was the 1975 Mediterranean Games final in Algiers—and which was won by Algeria). The game’s advance billing presented it as a beautiful—and heavily symbolic—moment of Franco-Algerian friendship and reconciliation, so numerous politicians and other public personalities were present at the stadium, including Prime Minister Lionel Jospin. Minister of Youth and Sports—and the then PCF Secretary-General—Marie-George Buffet had the brilliant—or, one should say, “brilliant”—idea to distribute free tickets for the game to thousands of young people of Algerian parentage in the surrounding, heavily immigrant populated banlieues (Saint-Denis being in the heart of the neuf-trois). A lovely gesture, or so she thought. The stadium was a sea of Algerian flags. When Les Bleus—the celebrated black-blanc-beur team that had won the World Cup three years earlier—entered, they were booed. And when the national anthems were played, La Marseillaise was likewise booed. And loudly. Throughout the game, whenever a French player took the ball, he was booed—even national hero Zineddine Zidane, and normally beloved by young Franco-Algerians—and with the Algerian players loudly cheered. And then at the 76th minute, with France leading 4-1, youthful spectators invaded the field. It was pandemonium (watch here, from 6:50). The game had to be called and with the players quickly exiting to the locker room.

What was to have been a beautiful moment symbolizing the friendship between the two countries turned into a fiasco. Jospin, Buffet, and the other VIPs were like statues during the game—their faces frozen—whenever the TV camera panned to them (and Mme Buffet was hit by a projectile). I watched the whole thing with my wife and we were speechless. And stunned, as was everyone we knew—including all the Algerians and other Maghrebis—who watched the game. And the reaction was likewise across the board in France. French society was blindsided by the spectacle, of tens of thousands of young French citizens—or citizens-to-be—booing France and the symbols—flag and anthem—of the French nation. It led the news the next day, was the headline in all the papers, and the cover story in the weekly news magazines, with analyses, tribunes, and debates as to the meaning of what had happened and how to interpret the manifest alienation from French society of a portion of the younger generation of Algerian immigrant origin. As the Front National was at an electoral low point at the time, there wasn’t much demagoguery from politicians over the event. Mainly shock and disorientation. The most sober reaction came from the Über-republican patriot Jean-Pierre Chevènement, who spoke of how saddened he was by the spectacle and what he interpreted as the failure of the Republic to integrate young Franco-Algerians.

The most virulent reaction, as it happened, came from Algeria, with the press there unanimously denouncing the youthful Franco-Algerians at the Stade de France, whose comportment disgraced Algeria and Algerians in France, so the Algerian press asserted. Algerians in Algeria spared their brethren in France no quarter. And the adults in France’s Algerian population felt likewise.

The fallout from the game was long-lasting. It was not forgotten. In debates over post-colonial immigrant integration, there was a before and after October 2001. A France-Algeria match today—and a high stakes one at that—would certainly see similar type behavior from young Franco-Algerians. But there would be fewer soul-searching reactions à la Chevènement from politicians. In view of the current electoral strength of the FN, the surge of the hard right-wing of the UMP—thanks to Nicolas Sarkozy and Jean-François Copé—, and the Internet réacosphère (with countless right-wing blogs and reactionary websites, e.g. Valeurs Actuelles), the political récupération and exploitation would be terrible. The well would be poisoned big time. As I have said, France does not need this.

A second comment, and to put things in perspective: Except when playing Algeria—or Morocco or Tunisia—the French national team is actively supported by young Franco-Algerians/Maghrebis. In the wild celebrations that followed France’s 1998 World Cup victory over Brazil, young Franco-Maghrebis were out in force—and marking the French victory by waving Algerian, Moroccan, and Tunisian flags (which I was able to observe, having been out and about on that glorious July night). Again, hybrid/multiple identities issuing from post-colonial immigration.

Third comment. On the phenomenon and significance of waving flags of former French colonies at events in France—including political rallies—see the guest post on this blog by sociologist (and personal friend) Didier Le Saout dated May 7, 2012, in which he analyses “les drapeaux étrangers et le débat de l’intégration des populations étrangères dans la société française” (scroll to nº2; see also my exchange on this with a conservative American who commented on the blog).

Political scientist and Algeria specialist Thomas Serres has a sharp analysis (June 29th) in the webzine Jadaliyya, “From the World Cup to the ‘Great Replacement': Football and Racist Narratives in France.”

Celebrating Algeria's World Cup qualifying victory over Egypt, November 18 2009

Celebrating Algeria’s World Cup qualifying victory over Egypt, November 18 2009

On Team USA’s elimination by Belgium last Tuesday, I have nothing in particular to say about it except too bad, better luck in 2018, and Tim Howard was awesome. Everyone is remarking on the upsurge of interest in the World Cup in the US, with statistics published in WaPo “[proving that] Americans care more about soccer than you think.” And in case one missed it, the NYT’s Sam Borden had a good piece after the Belgium game, “Wild ride by U.S. comes to end, but soccer is the winner.” On the engouement for soccer in the US

World Cups have been growing in popularity among Americans for some time, but this tournament has felt different. Explanations for the surge vary, with some pointing to Brazil’s time zone being favorable for American viewers, especially compared to South Africa four years ago. Others say soccer’s spike is simply the result of a growing Hispanic population in the United States as well as the inevitable aging of Millenials. A great number of soccer-loving children have now become consumer adults.

“These are all young people who grew up with the game, whether it be the English Premier League or Major League Soccer, and they don’t need to be convinced that soccer is a sport that is worthy of their attention,” said Don Garber, the commissioner of M.L.S. “The country has changed. This is a new America.”

Statistics seem to support that claim. Fourteen percent of people between the ages of 12 and 24 said professional soccer was their favorite sport, second only to the N.F.L., according to Rich Luker, who runs a sports research firm. That means a greater number of fans are more likely to continue following the sport even when the pageantry of the World Cup is over.

Millennials are not just knowledgeable about the Premier League and MLS but have grown up playing the game—which was not the case in my generation (and certainly not among boys in the Midwest). And, as Ann Coulter and other soccer denigrators—of which I was one until two decades ago—surely know, those Americans who play soccer and/or follow it are mainly middle and upper-middle class and include many from Republican families (and whose grandparents were born in the US…).

Hypothesis: One reason Ann Coulter and her ideological ilk are suspicious of soccer—apart from the fact that they didn’t grow up with it—is that an interest in the sport necessarily and positively engages one with the rest of the world, and particularly Europe. One cannot follow soccer without an on-going knowledge of—and respect for—the major European leagues—and which will be superior to MLS for a long time to come. One cannot be a soccer fan and America-centric.

I like these pics of “fanatical ‘gringo’ fans suffering defeat in the round of 16,” on a Venezuelan website I stumbled across.

Hypothesis: Ann Coulter and ilk also dislike the rise of soccer in the US because it is a team sport in which Americans are not the best and where the US national team will inevitably lose to some European or Latin American country, that Americans will have to get used to defeat—as do all other countries, including Brazil—, but that it’s not a big deal. The playing field will always be level.

Assertion: Ann Coulter and ilk will just have to get used to their fellow Americans liking soccer. There’s not a thing they can do about it.

Watching Belgium-USA on the big screen at Soldier Field, Chicago, July 1st (photo: Scott Olson/Getty Image)

Watching Belgium-USA on the big screen at Soldier Field, Chicago, July 1st
(photo: Scott Olson/Getty Image)

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