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Archive for the ‘en français’ Category

[Non-French readers who wish to know who I’m writing about, see here and here]

J’avais l’intention de faire un post R.I.P. sur lui après son décès le dimanche dernier mais, après réflexion, j’ai laissé tomber; pour quoi faire, vu qu’il n’était pas un personnage de premier plan dans l’histoire contemporaine (et était inconnu en dehors de la France)? Mais après avoir vu la pub ci-dessus, sur le boulevard Saint-Germain cet après-midi, j’ai décidé qu’il fallait dire quelque chose sur lui, et d’autant plus, compte tenu de la couverture médiatique sur sa mort (la Une de toute la presse le lundi, y compris une nécrologie de quatre pages dans Le Monde, et ne parlons pas de la télé), l’éloge posthume qu’il a reçu de toutes parts, et les quasi obsèques d’État à Marseille aujourd’hui.

Très franchement, je ne comprends pas l’importance accordée à cet homme, ou l’affection que peuvent avoir les gens pour lui, y compris—voire particulièrement—à gauche (voir, par ex., cette vidéo tweetée par deux personnages de gauche que je suis sur les réseaux). Bernard Tapie était certes un personnage intriguant et captivant lors de son irruption dans les médias dans les années 80. Quand je l’ai vu à la télé pour la première fois à l’époque, je me suis dit que, aux Etats-Unis, Tapie serait une star et avec un avenir politique s’il prenait ce chemin. Il y avait un peu de Trump dans Tapie, quoique je ne veux pas pousser trop loin la comparaison. Tapie n’était pas antipathique ni démago, réac ou raciste—il y avait une vrai adoration à son égard par les jeunes (et moins jeunes) d’origine maghrébine (qui m’a laissé perplexe)—et à la différence de Trump, il provenait des couches populaires. Et il avait des vrais amis (pas des escrocs ou fripouilles comme les fréquentations de Trump). Son pugilat avec Jean-Marie Le Pen et d’autres sorties contre le Front National étaient bien appréciés, surtout à gauche, même si on apprenait plus tard qu’il a magouillé avec Le Pen dans les coulisses.

On sait également que Tapie n’était propulsé au premier plan politique que par François Mitterrand, pendant la décadence de son deuxième mandat, et qui l’a utilisé pour couler Michel Rocard aux élections européennes de 1994. Tapie n’avait aucun bilan politique en tant que député ou ministre, et à partir de 1994, on n’entendait parler de lui que pour son train de vie d’emir du Golfe—avec du pognon qu’on ne peut pas dire qu’il a gagné grâce à la sueur de son front—et, surtout, pour ses sempiternels déboires judiciaires, comme Riss de Charlie Hebdo nous a rappelé. Tapie, en tant que hommes d’affaires, y compris footballistique, était un filou, que Thomas Legrand, qui le connaissait bien, a bien décrit. Il était un beau parleur dénué d’ethique qui ne s’intéressait que au fric (facilement gagné) et son propre promotion (voir le cinglant commentaire de Patrick Cohen là-dessus, que Jean-Louis Borloo, ami inconditionnel de Tapie, a vaillamment tenté de contrer). Mais il a quand même eu un accès privilégié aux grands médias presque jusqu’à sa mort, même s’il n’a strictement rien foutu d’intérêt public ces 25 dernières années.

Le bilan global de Tapie, et ce qu’il a représenté pour la France de notre époque, est bien analysé par Laurent Mauduit dans Mediapart, “Ce que Bernard Tapie a révélé de la République.”

Voilà, c’est tout.

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The Israel-Hamas ceasefire has now been in effect for four days. It will be broken sooner or later, that’s for sure, though before that happens there will surely be another explosion in Jerusalem, the West Bank, and/or inside Israel itself. On the 11 days of fighting, death, and destruction preceding the ceasefire, Avi Issacharoff has a typically incisive analysis (May 21st) in The Times of Israel, the gist of which is in the title: “Why Hamas (most of all) and Netanyahu (for now) are the winners of this mini-war: The losers, needless to say, are the citizens of Gaza and Israel, as the Islamist terror group makes strategic gains beyond even its own expectations.”

On Gazawis being losers, see the analysis (May 20th) by Haaretz’s Amira Hass (whose knowledge of Gaza is unmatched among Israelis): “Gaza’s destruction: An unbearable humanitarian and financial toll.” The lede: “Hamas figures estimate that damage to the Gaza Strip has already cost more than a quarter of a billion dollars, while damage to power and water infrastructure has obstructed access to water for around 800,000 people.” The destruction visited upon Gaza’s infrastructure—conforming to the IDF’s Dahiya doctrine—is staggering. As Le Monde’s Benjamin Barthe reports:

Selon les décomptes des Nations unies, 24 centres de santé ont été touchés par les bombardements, ainsi que 50 établissements éducatifs. Trois usines de désalinisation d’eau, servant 400 000 habitants, ont été mises hors service. Le seul laboratoire de dépistage du Covid-19, la clinique Rimal, dans le centre de Gaza, a volé en éclats lorsqu’un missile a frappé une rue adjacente. Les bureaux du Croissant-Rouge qatari ont été dévastés.

Selon le ministère de l’habitat de Gaza, 162 bâtiments résidentiels ont été anéantis par les tirs israéliens. Si l’armée a fréquemment prévenu leurs occupants avant de passer à l’action, leur laissant quelques dizaines de minutes pour évacuer les lieux en catastrophe, cela n’a pas toujours été le cas. Une dizaine de familles de Gaza ont été décimées par les frappes, à l’instar des Al-Kolak et Al-Aouf.

The Al-Kolak and Al-Aouf families, on Gaza’s Wehda Street, lost 44 members, the reports on which I linked to in the post of May 16th. Barthe continues:

« Ces onze jours de guerre ont été aussi éprouvants que les cinquante jours de la guerre précédente, en 2014 », affirme Leïla Barhoum [de l’ONG humanitaire Oxfam]. « Nous avons réchappé aux bombardements, mais je ne sais pas comment nous allons survivre au milieu de toutes ces destructions », ajoute Abier Al-Masri, de l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.

L’armée israélienne rejette toute responsabilité pour ces pertes et ces dégâts matériels, au motif que les « terroristes du Hamas se cachent parmi les civils ». Mais cet argument, répété à chaque offensive, ne suffit pas à expliquer l’étendue des frappes, notamment le bombardement de quatre immeubles d’une dizaine d’étages qui faisaient la fierté de Gaza : Shorouk, Al-Jawhara, Hanadi et Al-Jalaa. Contrairement à ce que M. Nétanyahou avait promis, le département d’Etat américain n’a reçu aucune preuve attestant de la présence du Hamas au sein de la tour Al-Jalaa, dont l’effondrement a entraîné la destruction des bureaux de l’agence de l’agence de presse AP et de la chaîne panarabe Al-Jazira.

« Cette opération a bafoué une nouvelle fois tous les principes du droit humanitaire international, comme la proportionnalité et la distinction entre cibles civiles et militaires, accuse Essam Younes, le directeur de l’ONG de défense des droits de l’homme Mezan.

A dispassionate examination of the toppling of the Al-Jalaa tower from the perspective of international law is offered by journalist Dania Akkad (May 24th) in Middle East Eye, “Israel’s war on Gaza: Was Hamas really operating out of the Al-Jalaa building? Experts say Israel’s attack on the tower block, used by international media organisations probably wasn’t legal—here’s why.”

Concluding Barthe’s report:

De nombreux lieux de culture ont aussi fait les frais des bombardements israéliens, comme la librairie Samir Mansour, la plus renommée de la bande de Gaza. Cette boutique, qui vendait aussi bien de la littérature arabe que des classiques occidentaux, a été réduite à l’état de gravats. Selon son propriétaire, plusieurs dizaines de milliers de livres sont partis en fumée dans l’explosion, qui a aussi détruit une imprimerie, une bibliothèque et un centre de formation. « L’une de mes plus grosses ventes après le Coran, c’était la traduction des Misérables, de Victor Hugo », raconte Samir Mansour, avant d’ajouter d’une voix exténuée : « Les misérables d’aujourd’hui, c’est nous. »

A report from Gaza on France Inter this morning (listen at 7h30) describes the catastrophic situation at the Al-Shifa hospital, and whose top doctor, Ayman Abou al-Awf—who had created the hospital’s coronavirus unit—was killed, along with his entire family, in an Israeli attack (see also the report in Libération).

For a Gazawi POV that is no doubt representative of sentiment there, do read the NYT guest essay (May 24th) by translator-editor Basma Ghalayini, “A Gazan’s view on Hamas: It’s not complicated.”

In my last post, which was mainly on Jerusalem, the Palestinian resistance there, and of the anger driving it, there was a word I neglected to mention, which is humiliation. The Israelis humiliate the Palestinians in countless ways, personally and symbolically, which is so well known to non-Palestinians that one hardly needs to give examples (if one wants a couple of recent ones, see, e.g., Nathan Thrall’s lengthy March 19th essay in the NYRB, “A Day in the Life of Abed Salama,” and the 2021 Oscar-nominated short film The Present; in France: Le Cadeau). Focusing on Palestinian citizens of Israel (PCIs), the humiliation—and mounting ras-le-bol—ensues from the panoply of discriminatory laws to which they are subject, notably land policies. The latest indignity to PCIs is the 2018 “nation-state” law, which validated the apartheid label for some who had previously resisted it. To comprehend the explosion of PCI anger in Israel’s “mixed cities,” one need look no further. As Tel Aviv-based political scientist and pollster Dahlia Scheindlin headlined a May 13th opinion piece in Newsweek, “For years, Israel’s leaders have cultivated ethnic hatred. This is on them.”

The communal riot in Lod (Lydd) has been extensively reported, e.g. by Ruth Margalit (May 20th) in The New Yorker. Le Monde’s Jerusalem correspondent Louis Imbert had an exceptional reportage from the city in the May 15th issue. It begins:

Une tumeur cancéreuse, un abcès de haine explose en Israël, dans une éruption de tentatives de lynchages, d’incendies antisémites, de ratonnades. Un Arabe battu en direct à la télévision à Bat Yam. Un juif bastonné à Saint-Jean-d’Acre. Depuis lundi 10 mai, les Israéliens assistent, impuissants, à des scènes de chaos inconnues ces vingt dernières années, alors que le Hamas poursuit ses tirs sur le pays, depuis l’enclave de Gaza. L’épicentre de ces émeutes est à Lod. A un jet de pierre de l’aéroport David-Ben-Gourion. Dans un coin de plaine industrielle glauque du centre du pays, où un mort est tombé, Moussa Hassouneh, lundi.

Tard dans la nuit de mercredi à jeudi, des groupes armés juifs errent dans les quartiers nord, au bord de la route 40 fermée par la police. Ils traînent des barres de fer et des battes sur le bitume jonché des débris des émeutes de la veille. Certains portent en bandoulière des fusils automatiques. Ils se penchent sur les pare-brise des voitures, sous la lumière biaisée des réverbères. Juif ou Arabe ? Ils traquent l’ennemi. De petits groupes s’aventurent sur des routes défoncées, dans le noir d’encre, à travers un lacis d’usines et d’entrepôts qui mène à la ville arabe.

Lod’s Likud mayor has fueled the toxic climate:

Ce maire d’une ville moyenne de 77 000 habitants, Yair Revivo, homme sanguin, aisément incohérent, fervent membre du Likoud au pouvoir, en lutte constante avec le tiers arabe de sa majorité municipale, se révèle en incendiaire dans la crise actuelle. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a appelé le gouvernement, en direct à la télévision, à déployer l’armée à Lod, dénonçant « une Intifada ». Les funérailles du jeune homme arabe tué la veille dégénéraient en attaques contre des Juifs – et aussi de groupes de défense juive contre des Arabes. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, pâle et essoufflé à 2 heures du matin, est venu ici pour dénoncer « l’anarchie » et décréter l’état d’urgence dans la ville.

Mais déjà, depuis des mois, le maire M. Revivo exigeait des soldats. Il n’en fait pas mystère : il est le maire de la part juive de la ville. Dès le début de son second mandat, en 2018, il a mis fin à un programme de constructions immobilières dans les quartiers arabes. Il refuse de fournir des services sociaux « aux familles criminelles. » Dans son vocabulaire, ce mot, « criminel », précède ou suit usuellement celui d’« Arabe ».

M. Revivo souhaite traiter à la sud-américaine la criminalité qui gangrène Lod. Des affiches marquées d’étoile de David proclament sa détermination à lutter contre les gangs arabes, qui font lit sur la mixité de la ville, en bonne intelligence avec la mafia juive. Ceux-ci prospèrent sur le commerce de drogue et d’armes dans des quartiers arabes où la police est aux abonnés absents.

Quoting Malek Hassouneh, the father of Moussa, who was shot and killed:

« Vois comme ils nous traitent : à l’hôpital, un flic m’a dit qu’il faudrait encore deux morts arabes pour que nous nous calmions. Ils ne veulent pas d’Arabes à Lod », estime le père. Les Hassouneh sont une famille de notables ici, rassemblée dans une belle maison du sud. Ils possédaient avant 1948 quelque 7 000 dounam (700 hectares) de terrain. Les parents de Malek, qui ont fui ou ont été chassés durant la guerre, se sont vus confisquer leurs biens par l’Etat. Il reste 2 000 dounam à cet entrepreneur du bâtiment.

Son histoire familiale, M. Hassouneh la reconsidère à cette heure. Alors que des manifestants brandissant le drapeau israélien réclament devant le tribunal de Lod la libération du « héros » qui a abattu son fils. En ce jour où le ministre de la sécurité intérieure, Amir Ohana, affirme que si cela ne tenait qu’à lui, le tireur serait déjà libre (il a été libéré jeudi). « J’étais un bon citoyen ! Je respectais l’Etat. J’étais satisfait de mon sort ici : j’allais passer dignement le flambeau. Je n’aurais jamais cru dire cela mais aujourd’hui, je ne suis plus israélien », dit M. Hassouneh.

The article goes on to discuss the phenomenon of extremist, gun-slinging Jewish settlers on the West Bank moving to Lod and other mixed cities—and with their attitudes toward Arabs—to further Judaize them. Establishing a parallel with France, the actual situation in Lod would be akin to the city of Saint-Denis in the Paris banlieue with a Front National mayor and who received security reinforcements from Génération Identitaire bullyboys constituted as an armed militia—and who was backed by a President Le Pen…

As the Republican Party has become the US equivalent of the French FN/RN (it’s even further to the right, in fact), it is likewise with the Likud, which is now the Israeli equivalent—in overall Weltanschauung—of the party headed by Marine Le Pen. This may not have been the case in the past but it is now.

But whereas the FN/RN is as far right as one gets on the French political spectrum (among parties that contest elections), there are formations to the right of the Likud—Itamar Ben Gvir’s Otzma Yehudit being the most talked about at present—which not only elect deputies but are potential coalition partners for the Likud.

In an essay (May 19th) in the highbrow webzine AOC, “Israël-Palestine: la guerre silencieuse,” sociologist Eva Illouz, of the Hebrew University in Jerusalem and EHESS in Paris, has this to say:

Le lecteur européen ignore que l’extrême droite israélienne à laquelle Netanyahu s’est allié est d’une nature différente des partis habituellement ainsi qualifiés en Europe. Itamar Ben Gvir, qui dirige le parti d’extrême droite Otzma Yehudit (Force juive), avait jusqu’à récemment dans sa maison un portrait de Baruch Goldstein. Baruch Goldstein était un médecin américain qui, alors qu’il vivait dans la colonie de Kiriat Arba (Hébron), a tué 29 musulmans pendant qu’ils priaient dans la grotte des patriarches. Ben-Gvir, quant à lui, est un avocat qui défend les terroristes juifs et les auteurs de crimes haineux. L’organisation Lehava, étroitement associé à ce parti, a pour mission d’empêcher les mariages interconfessionnels et le mélange des « races ».

Le président d’Israël, Reuven Rivlin, un homme dont on ne peut pourtant pas dire qu’il porte la gauche dans son cœur, a, par le passé, décrit les attaques de Lehava contre les mariages interconfessionnels en des termes non équivoques : les membres de ce mouvement sont, a-t-il dit, comme « des rongeurs qui minent de l’intérieur le fondement démocratique et juif commun d’Israël ». Lehava publie aussi les noms des Juifs (dans le but de leur faire honte) qui louent des appartements à des Arabes. Seule la culture du Sud profond américain du début du XXe siècle peut soutenir la comparaison avec une telle idéologie.

Netanyahu est devenu leur allié politique naturel, virant ainsi vers les formes les plus extrémistes du radicalisme de droite. Ces groupes attisent les flammes de la guerre civile en répandant le racisme au sein de la société israélienne au chant du slogan « mort aux Arabes ».

The American counterpart of the Israeli extreme right is the groups that participated in the “Unite the Right” rally in Charlottesville VA in August 2017. If Itamar Ben Gvir and his followers weren’t Jews, we’d be calling them neo-Nazis. And they may possibly end up in the next Israeli government…

The peace march in Tel Aviv on Saturday was nice and let’s hope there are more of them, but the political domination of a radicalized right-wing is the reality in Israel. Which is why more explosions are a certainty.

To be continued.

UPDATE: Amjad Iraqi of the indispensable +972 Magazine has a must-read interview (May 21st) with ICG senior analyst Tareq Baconi, “Hamas breaks out of its Gaza cage.” Baconi, who’s Jordanian-Palestinian and based in Ramallah, is presently the sharpest Palestinian analyst of the conflict IMHO.

In the interview are numerous links to good articles, including “The UN predicted Gaza would be unlivable by 2020. They were right. Israel is trying to keep Gaza ‘quiet’ by applying new calculations to make life survivable — without allowing the people to truly live,” by Tania Hary in +972 (Dec. 31, 2019); and Tareq Baconi’s “Gaza and the One-State Reality,” in the Autumn 2021 issue of the Journal of Palestine Studies.

2nd UPDATE: PCI lawyer Diana Buttu has a guest essay (May 25th) in the NYT that merits reading, “The myth of coexistence in Israel.”

3rd UPDATE: The Israeli NGO Terrestrial Jerusalem has published (May 20th) an invaluable report on the legal side of the property disputes in East Jerusalem, “Large-scale Displacement: from Sheikh Jarrah to Silwan.” (h/t Eric Goldstein)

4th UPDATE: In Haaretz (May 22nd): “Israelis tell him to go to Gaza, Palestinians call him a collaborator: The life of a stateless Jerusalem reporter.” The lede: “Born in East Jerusalem, he’s stateless and didn’t know a word of Hebrew until five years ago. But then Suleiman Maswadeh, who spoke to Haaretz before the flare-up in Gaza, decided he wanted to succeed. Today he’s the Israeli public broadcaster’s correspondent in Jerusalem.” The interview is lengthy but is worth the read, for what it tells about the chasm—which looks unbridgeable—in the city of Jerusalem, not to mention among Israelis and Palestinians more generally.

5th UPDATE: The gauchiste webzine Jacobin has a hard-hitting interview (May 26th) with Jerusalem-based ICG senior analyst Nathan Thrall, “We can’t expect Joe Biden to stop supporting Apartheid.” The lede: “The Western media discourse gets it all wrong. Israel is not at risk of becoming an apartheid state — it already is one.” It would be useful to see a response by liberal/left Zionists (Meretz, J Street et al) to Thrall’s arguments, in this interview as well as in his lengthy article in the 21 January 2021 issue of the LRB on “The separate regimes delusion.”

6th UPDATE: Samy Cohen, who has long been one of France’s leading political science specialists of Israel, has a tribune in the May 27th Le Monde, “Les Israéliens se sont laissé bercer par l’illusion qu’Israël était un ‘Etat juif et démocratique’.”

A very good article in Le Monde dated March 19th, by Christophe Ayad and Louis Imbert: “Du rêve d’un ‘Etat juif et démocratique’ à la colonisation de la Cisjordanie, que reste-t-il du sionisme?”

7th UPDATE: Khalil Shikaki, the director of the Ramallah-based Palestinian Center for Policy and Survey Research, has an unfortunately spot-on article (May 19th) in Foreign Affairs, “Fighting in Gaza marks the start of a more violent era: The search for a two-state solution is over.”

8th UPDATE: Le Monde’s Louis Imbert has a portrait in the May 28th issue of Hamas’s Gaza leader Yahia Sinouar, in which he is presented as a relative moderate. One reads, e.g.

Longtemps, les généraux israéliens n’ont pas caché leur intérêt, voire leur admiration pour cet enfant d’une famille de réfugiés implantée à Khan Younès, à Gaza. M. Sinouar y a fait respecter les « bonnes mœurs » pour le Hamas naissant.

9th UPDATE: Tel Aviv-based journalist Neri Zilber has a must-read opinion piece (May 28th) in the Toronto Globe and Mail, “Israel’s Palestinian policy is in tatters.” Money quote:

As Israeli journalist (and co-creator of the hit TV show Fauda) Avi Issacharoff recently wrote, Israel’s policy aimed “to weaken Fatah and the PA so that it would not have a partner to negotiate with, and to strengthen Hamas through funds and [by easing measures] to claim that there is no partner to negotiate with.”

10th UPDATE: See the Statement on Israel/Palestine by Scholars of Jewish Studies and Israel Studies (May 22nd). If I were eligible to sign it, I would.

11th UPDATE: FWIW Vox’s Zack Beauchamp argues “In defense of the two-state solution.” The lede: “Some are declaring the two-state paradigm for Israel and Palestine totally doomed. But it’s not — and it’s still worth fighting for.” (May 26th)

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“This is Israel’s most failed and pointless Gaza operation ever. It must end now.” Voilà the headline of an analysis (May 18th) by Haaretz editor-in-chief Aluf Benn. It begins:

As of its ninth day, Operation Guardian of the Walls in Gaza has turned into Israel’s most failed and pointless border war ever, even when measured against the tough competition from the champion league of the Second Lebanon War, and Operations Pillar of Defense, Cast Lead and Protective Edge in Gaza. We have been witness to a serious military and diplomatic failure that has exposed major deficiencies in the army’s preparations and performance and in the leadership of a confused and helpless government.

Instead of wasting time in a useless effort to create an “image of victory” while causing death and destruction in Gaza and upending lives to Israel, Prime Minister Benjamin Netanyahu must stop now and agree to a cease-fire – and hope that the failure will be forgotten by public opinion as quickly as the Mount Meron disaster. In a more perfect world, it would be proper to add here “and order a thorough house cleaning of the Israel Defense Forces.” But criminal defendant Netanyahu, who is fighting to keep his official residence on Balfour Street, has neither the authority nor the political power to lead such a needed change.

Benn proceeds to discuss the five biggest problems revealed so far in Israel’s preparations for and conduct of the war. It would be helpful if such analyses were read by pro-Israel US commentators, some of whom have been figuratively screaming over the past week, not to mention ‘Les Grandes Gueules Moyen-Orient‘ I happened to come across two nights ago on i24NEWS Français, the one with la plus grande gueule being Meyer Habib, the deputy in the French National Assembly representing the 8th constituency of French citizens abroad, the majority of whose voters reside in Israel (and are, like Habib, dual-national Israelis). Habib, who is close to Netanyahu and the Likud (he was a Betar militant in his youth), may have been elected under the center-right UDI label but is way out there on the right. A prediction: between now and next April, Habib will endorse Marine Le Pen and her Rassemblement National, and will be followed by a not insignificant number of his co-religionists (N.B. French Jews are more conservative and attached to Israel than their American counterparts, and with a greater visceral animosity toward Arabs and Muslims).

N.B. Denouncing Israel’s military campaign in Gaza must not obscure the role of Hamas in initiating the conflict with its unprovoked rocket attacks, first on Jerusalem than everywhere else in Israel in the rockets’ range, and with the intention of hitting the civilian population at random (Hamas rockets, as one reads here, are not equipped with guidance systems that would enable them to strike specific targets). If Israel is committing war crimes that could be investigated by the ICC, so is Hamas.

Then there’s the politically pernicious side of Hamas’ action, which is explained by historian Vincent Lemire, the director of the French research center in Jerusalem, in a full-page, must-read interview in Le Monde dated May 18th, “‘Le fossé n’a jamais été aussi profond entre Jérusalem-Est et Jérusalem-Ouest’.” The two weeks that preceded the Hamas rockets had witnessed an exceptional mobilization of young Jerusalem Palestinians: against the Sheikh Jarrah evictions, the attempt by the Israeli police to set up a checkpoint on the steps of the Damascus Gate of the Old City—a “small agora” where Palestinian families gather in the evening during Ramadan—and the actions of that police at the Al-Aqsa mosque and on the Haram al-Sharif/Temple Mount. The tactical intelligence, as Lemire put it, of the Palestinian activists resulted in the Israelis not only beating a retreat at the Damascus Gate but also preventing Jewish extremists from marching through the Old City on their May 10th “Jerusalem Day.” It was a humiliating setback for Netanyahu and whose political future appeared compromised—until Hamas rescued him with its rockets. It was, as Lemire put it

une grossière tentative de récupération de la part du Hamas, qui, lundi soir, a choisi de déclencher une nouvelle guerre pour revenir dans le jeu, plutôt que de célébrer dignement la victoire des Palestiniens de Jérusalem.

On Jerusalem Day:

[Le] lundi 10 mai, [il y a eu] l’échec retentissant du « Jour de Jérusalem », organisé chaque année pour commémorer la « réunification » de la ville en 1967. Le jour où Israël devait célébrer sa pleine souveraineté sur sa capitale « éternelle et indivisible », les juifs israéliens ont été interdits par la police israélienne de pénétrer sur l’esplanade des Mosquées, puis empêchés de passer par la porte de Damas, avant que toute la Vieille Ville ne leur soit finalement rendue inaccessible.

Ce soir-là, jusqu’aux tirs de roquettes du Hamas, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, était mortifié, humilié, et sa carrière politique semblait définitivement compromise.

Israeli journalist and activist Haggai Matar described the situation in Jerusalem well in +972 Magazine (May 10th), “Israel chooses violence: From the repression in Sheikh Jarrah to the bombing of Gaza, the Israeli government has opted to escalate its brutality toward Palestinians.” He begins:

The escalation in violence across Israel-Palestine over the past days is primarily the result of a number of choices made by the Israeli government. While such violence is far from unprecedented in our region, and has been inherent to Israel’s oppressive policies for decades, these are choices that ultimately serve the interests of Prime Minister Benjamin Netanyahu, who is desperately fighting to save his political career and avoid potential time behind bars.

The dangerous choices started in earnest with the beginning of the Muslim holy month of Ramadan, when the Israeli authorities made the unfathomable decision to place new makeshift checkpoints at the entrance to Damascus Gate in the Old City of Jerusalem. They then attacked Palestinians who gathered there to enjoy breaking the daily fast with friends and family. It took two weeks of police violence and a steadfast response by Palestinian protesters for the police to back down.

On Sheikh Jarrah, for those who need a primer, see the one (May 6th) by Mustafa Abu Sneineh in Middle East Eye, “Sheikh Jarrah explained: The past and present of East Jerusalem neighbourhood.”

See likewise the report (May 19th) by FT Jerusalem correspondent Mehul Srivastava, “How Arab evictions fuelled the Israeli-Palestinian conflict.”

One aspect of what’s happening in Sheikh Jarrah has not been mentioned so far as I’ve seen. The Jewish extremist organization that is claiming property there is basing the claim on the contention that the property in question was owned by Jews before 1948, i.e. by persons in their ethno-religious group, not by particular individuals in the organization in question. The Jewish organization wants to evict the Palestinian families who have lived there for seventy years and then occupy it for themselves, for the simple reason that a Jewish family, whose identity is immaterial and whose descendants are not part of the organization, owned it generations ago.

Rhetorical question: Is there any legal system in the world—and particularly in a state claiming to be a democracy and governed by rule of law—where such a claim would have any legal validity? Where invoking mere membership in an ethno-religious group would give someone the legal right to appropriate a piece of property and evict its longtime inhabitants?

I have long resisted applying the apartheid label to Israel, though in a 2014 post, ‘Rage in Jerusalem,’ made an exception for East Jerusalem, where I determined that the ignominious label did indeed apply. If such was the case seven years ago, it is every bit as much so today.

AWAV readers, who are by definition well-informed, will be aware that the apartheid analogy in regard to Israel has gone mainstream, notably with the April 27th release of Human Rights Watch’s report, A Threshold Crossed: Israeli Authorities and the Crimes of Apartheid and Persecution. As the editor of the report, Eric Goldstein, who is Acting Executive Director of HRW’s MENA Division, is a very good and dear friend—and who happens to be responsible for this blog’s name: yes, Arun with a View was his brainchild—I owe him my assessment of the report, and particularly as we’ve had numerous discussions on the subject over the years. I will have a separate post on it soon (after I’ve had a chance to actually read through the thing; in the meantime, here’s an opinion piece of his in The Forward, on how attaching the apartheid label to Israel was not a decision HRW reached lightly).

Rereading my 2014 post, so much of what I wrote then could be repeated almost verbatim today. Quoting myself:

[O]n the Israeli response to the rage in East Jerusalem—of draconian police and army repression, mass arrests and prosecutions of minors, sealing off Arab neighborhoods with concrete blocks, demolishing the homes of the families of terrorists (or anyone the Israelis deem as such; a.k.a. collective punishment), randomly spraying “skunk water” in the eastern part of the city, restricting Muslim access to the Haram al-Sharif, colonizing densely populated Arab quarters with extremist settlers, proposing new “anti-terrorism” laws that will further abuse Palestinians under Israeli rule (including Palestinian citizens of Israel, PCIs), etc, etc—, WTF are Netanyahu & Co.—indeed the entire Israeli right—thinking? How do they imagine this is going to play out? What’s the end game? We’re not talking about Gaza, Jenin, or some place around which the Israelis can build a wall and try to forget about. This is their “eternal” unified capital city, but where close to 40% of the population does not enjoy the rights of citizenship and is hostile to them. And the Palestinians of Jerusalem are devoid of political leadership, with not a single person who can speak in the name of even some of them or serve as an interlocutor with the Israelis. Moreover—and I find this incredible—, the Israelis don’t want Palestinian interlocutors in Jerusalem. They don’t want to negotiate or bargain with the Palestinian residents of the city, to collectively dialogue with or treat them as anything other than barely tolerated interlopers in a city that they, the Israelis, consider to be theirs and theirs only. And the Israelis have absolutely nothing to propose to the Palestinian residents of Jerusalem (except to subtly—or not so subtly—encourage them to emigrate, or just go away). The people who run the state of Israel have become unhinged, point barre (the new state president, Reuven Rivlin, being a notable exception). Again, WTF do they expect to happen? Indian-style communal riots, with rampaging mobs in both communities chauffé à blanc murdering dozens, if not hundreds? And if this comes to pass—an eventuality that one must not exclude—, what then? If anyone who identifies with the Israeli right can give a response to this—to what appears to objective observers to be an irrational fuite en avant on the part of Netanyahu & Co.—, I’m all ears.

Needless to say, I have yet to see any kind of response to this from anyone who considers a unified Jerusalem to be Israel’s eternal capital.

N.B. The Palestinians will never cede on the question of Jerusalem. They will never acquiesce in the Israeli annexation of the eastern part of the city or it being severed from the rest of the West Bank. If there is ever, inshallah, going to be a peace agreement—which we’re not likely to see in our lifetimes—Israel will simply have to yield on East Jerusalem, as not only does it have no legal right to be there (if UNSC resolutions mean anything) but also, as I wrote in 2012, no moral right.

Vincent Lemire, in the interview cited above, makes an observation that Israelis and Israel partisans may not be aware of, which is that Israel is losing the demographic battle in Jerusalem.

[Les Palestiniens] résistent aussi parce que la démographie leur donne raison : il y a aujourd’hui 350 000 Palestiniens à Jérusalem, soit cinq fois plus qu’en 1967 (70 000), alors que la population israélienne n’a pas progressé dans les mêmes proportions (190 000 en 1967, 560 000 aujourd’hui, soit une multiplication par trois).

Et si on se focalise sur la Vieille Ville, cœur historique et religieux de la ville sainte, la résistance démographique palestinienne est encore plus nette : la population juive israélienne représente moins de 10 % de la population totale de la Vieille Ville aujourd’hui.

La colonisation progresse à grands pas en Cisjordanie, mais elle est en échec à Jérusalem, ce qui est insupportable pour l’extrême droite israélienne, qui se cogne à cette réalité à chaque fois que ses Proud Boys tentent de manifester dans les ruelles étroites de la ville historique.

Cette bataille démographique est essentielle parce qu’elle engage toute la société civile, toutes les familles, avec évidemment les femmes en toute première ligne, et parce que la supériorité militaire israélienne n’y peut rien changer.

The Israeli supreme court will hand down its ruling in the coming weeks on the Sheikh Jarrah evictions. If it goes against the Palestinian families, which is likely, there will be an explosion of rage among Palestinians, and not only in Jerusalem. If the ruling is in their favor, the Jewish extreme right will go ballistic. And they’re armed and dangerous. Either way, the consequences will be bad. This thing is only beginning.

Some worthwhile articles by A-list analysts:

Shlomo Ben-Ami in Project Syndicate (May 13th): “The end of Israel’s illusion.”

Mouin Rabbani in Time magazine (May 13th): “Israel-Palestine is a state of permanent conflict punctuated by periodic carnage. Only the watching world can stop it.”

Tareq Baconi in the LRB blog (May 14th): “Sheikh Jarrah and after.”

Natan Sachs in the Brookings Institution blog (May 15th): “The perfect storm for Israelis and Palestinians.”

Dahlia Scheindlin in The Guardian (May 16th): “How did it happen that Israel’s Jews and Arabs rose up against each other?”

To be continued.

UPDATE: Journalist Neri Zilber has a useful ‘7 min read’ (May 13th) in Newlines Magazine, “The war that shouldn’t have been: Israel and Hamas had reached a pragmatic arrangement for years. How it was upended.”

The never uninteresting and invariably incisive Peter Beinart correctly asserts in his Substack newsletter (May 20th) that “If Israel eliminated Hamas, nothing fundamental would change.” Entre autres, he writes:

Today, it’s common to associate Hamas’s militancy with its Islamist ideology. The implication is that if only Islamists were eliminated from the Palestinian political scene, Palestinian politics would grow more moderate and quiescent. But Israeli leaders didn’t always see it that way. Just as US officials once saw Islamists like the Afghan Mujahedeen as less threatening than communists backed by the USSR, Israeli officials once saw Hamas as more pliable than Yasser Arafat’s more secular Fatah. In a recent letter to the editor of The New York Times, former Times’ Jerusalem correspondent David K. Shipler noted that in 1981, Israel’s military governor of Gaza told him that, in Shipler’s words, “he was giving money to the Muslim Brotherhood, the precursor of Hamas, on the instruction of the Israeli authorities. The funding was intended to tilt power away from both Communist and Palestinian nationalist movements in Gaza, which Israel considered more threatening than the fundamentalists.” Oops.

And don’t miss Gershon Baskin’s opinion piece (May 19th) in The Jerusalem Post, “Israel must talk to Hamas to improve the situation in Gaza.”

2nd UPDATE: The Times of Israel’s senior analyst Haviv Rettig Gur has an analysis (May 22nd) that merits reading: “Hamas’s forever war against Israel has a glitch, and it isn’t Iron Dome: Why Hamas promises another war soon, and another and another. And why it won’t work.” The story of the two retired IDF major-generals meeting with Vo Nguyen Giap in Hanoi is interesting. Also the bit about Musa Abu Marzouk’s May 17th interview with RT.

3rd UPDATE: Adam Shatz’s analysis of this latest phase in the Israel-Palestine conflict, “Ghosts in the land,” is up on the LRB website (June 3rd issue). At the end of the piece is a link to Adam’s 45-minute May 21st podcast discussion with Tareq Baconi and Henriette Chacar.

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[update below] [2nd update below] [3rd update below] [4th update below]

Gaza edition. I watched the destruction of the Al Jalaa tower in Gaza live on Al Jazeera yesterday. In an email sent out shortly afterward—admittedly sous le coup de l’émotion—I wrote that if the Israelis are looking to be hated, they’re doing a helluva job. As reported, the building housed the offices of Al Jazeera, the Associated Press, and other media outlets, plus offices of businesses, lawyers, and doctors, and private residences. The IDF says that Hamas had “military intelligence assets” in the building—with the journalists and other civilians there thus serving, unbeknownst to them, as “human shields”—so was thus a legitimate military target, and with an IDF spokesman on CNN today reminding us that the inhabitants of the building were given an hour’s notice to evacuate before the missiles hit, so that no one would get hurt. How thoughtful of the IDF. As for the evidence of Hamas’s “military intelligence assets,” the Israelis naturally cannot reveal their “intelligence sources and methods…”

Even if Hamas had some kind of military asset in the building—which the media organizations and others would have presumably been aware of—that was no reason to target it. The fact of the matter is, Israel committed an act of state terrorism in destroying the Al Jalaa tower, even if happily no one was killed or injured, as the manifest intent of taking it down was to terrorize and collectively punish the Gaza population for the actions of its rulers, and to shock and awe Hamas in a way the IDF did not succeed in doing in 2014. In a p. 2 article in Le Monde dated May 16-17 and signed by Madjid Zerrouky and Piotr Smolar, “A Gaza, sous les bombardements, la peur et la dévastation,” one reads that other high-rise buildings in Gaza housing media organizations have been destroyed by the Israelis over the past week. Here is a lengthy passage that merits quoting:

Les Gazaouis ont une hantise des immeubles les plus hauts depuis que les forces israéliennes s’emploient à réduire méthodiquement à l’état de gravats ce que les locaux appellent les « tours ». Soit une demi-douzaine d’édifices de plus de dix étages qui se sont effondrés en quelques secondes, endommageant les habitations alentours. Cette fois, les forces israéliennes ont surpris les habitants en ciblant, dès les premières heures du conflit, les infrastructures civiles et commerciales du territoire.

Une quasi-inversion par rapport à leur « calendrier » d’attaques en 2014. Et une nouvelle punition collective pour le poète Omar Salah, 19 ans. Membre de We Are Not Numbers (« Nous ne sommes pas des numéros »), un collectif de jeunes Gazaouis qui ont saisi la plume pour informer le monde et échapper à l’enfermement, il décrivait avec amertume le sort réservé à l’artère commerçante du quartier de Rimal, attaquée le 13 mai. « Rimal est associé à de beaux souvenirs chez tout le monde dans la bande de Gaza. En ces jours d’avant l’Aïd, cet endroit est censé être décoré pour célébrer la fête. Il s’est transformé en cendres grises. »

« C’est un sacrifice pour Jérusalem, Cheikh Jarrah et nos frères palestiniens de l’intérieur. » Malgré sa mauvaise fortune, Ahmed Al-Zaim tentait, lui, de faire bonne figure en posant aux pieds de la carcasse d’« Al-Jawhara », la tour dont il était le propriétaire. Un immeuble de dix étages qui est parti en fumée mercredi 12 mai. Le bâtiment abritait 14 médias, dont le quotidien Palestine Daily News, la chaîne de télévision panarabe Al-Araby ou l’agence photo APA. La veille, la tour « Al-Shourouk » avait subi le même sort. Sept médias, dont ceux du Hamas, y avaient leurs bureaux. L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé des stocks d’armes du mouvement islamiste « cachés dans des bâtiments civils ».

« En moins de vingt-quatre heures, Israël a bombardé plus de trois tours qui abritent la plupart des médias locaux et internationaux travaillant à Gaza. C’est alarmant. Israël impose un black-out aux médias pour masquer des crimes de guerre », accuse de son côté Ramy Abdu, président de l’Observatoire euroméditerranéen des droits de l’homme.

Concierge, groupes électrogènes et vue sur la mer… La tour Hanadi, une résidence de 14 étages – le plus haut immeuble de la ville – était, elle, décrite comme un havre de paix et de confort par ses occupants. Quelque 80 familles issues de la classe moyenne et de la bourgeoisie locale ont tout perdu « en un clin d’œil » dans la soirée du 11 mai, selon les dires de l’un de ses habitants, qui, hébétés, s’affairaient le lendemain à récupérer ce qui pouvait l’être au milieu d’un gigantesque amoncellement de décombres : papiers administratifs, jouets des enfants, rideaux ou affaires scolaires…

« J’ai fait aussi l’expérience directe de la première frappe, sur ce qu’on appelle la tour Hanadi. Je la voyais de mon appartement. C’était un peu surréaliste. Effectivement, les habitants avaient été avertis. Sur les réseaux sociaux, l’information a donc circulé que la tour allait être visée », décrit Matthias Schmale, de l’UNWRA. Le gardien de l’immeuble a ainsi été averti au téléphone par un officier israélien. C’est notamment cet échange, filmé, qui a donné l’alerte : « De combien de temps as-tu besoin ? Deux heures, trois heures ? Je vais à l’immeuble pour dire aux gens de ne pas venir et de partir ? (…) Allô. Oui, je suis là. J’écoute. Deux coups avec un drone, puis vous frappez la tour… »

A Beit Lahya, dans le nord de l’enclave, la famille Al-Tanani n’a pas eu la chance d’être contactée. « Elle a complètement été effacée des registres de l’état civil palestinien », note l’universitaire Shadi Fakhri Jabr. Il a fallu plusieurs heures, jeudi, aux membres de la sécurité civile, armés de simples pioches, pour dégager des décombres de leur maison les corps de Rawiya, 37 ans, son époux Mohamed, 39 ans, et de leurs quatre enfants âgés de 4 à 7 ans.

« Les Israéliens préviennent parfois les habitants, mais ils frappent aussi sans avertissement. C’est la loterie. Et les barrages d’artillerie peuvent être si intenses que nos ambulances, qui n’hésitent pourtant pas à aller au feu, atteignent parfois difficilement les blessés. Dans le nord, ce sont des quartiers entiers qui sont touchés, dénonce le docteur Ahmad Mohana, directeur de l’hôpital Al-Awda, qui a la douloureuse impression que le sort s’acharne sur son établissement. Le secteur médical était déjà dans une situation critique : le résultat de quatorze années de siège imposé à la bande de Gaza. Nous venons de subir de plein fouet l’épidémie de Covid-19. Et maintenant, cette guerre… »

All the lives and livelihoods shattered, in addition to those lost. This is an outrage and for which Israel, as the perpetrator, is rather manifestly responsible. Hamas may have initiated hostilities with its unprovoked rocket attacks beginning a week ago but Israel was not obliged to respond militarily, particularly with 90% of the rockets being intercepted by the Iron Dome—which both sides knew would happen—and most of the rest falling harmlessly. Hamas may be playing a cynical game—and committing war crimes while it’s at it—but Israel is not obliged to fall into its trap. And as for Hamas’s cynical game, it may be summed up in the title of a must-read analysis by Le Monde’s Benjamin Barthe and Louis Imbert: “Le Hamas veut imposer à Israël un nouveau rapport de force: Le mouvement islamiste réalise pour l’instant une opération politique payante. Dans l’opinion publique palestinienne, son initiative est saluée comme un sursaut d’orgueil salutaire, un réveil de la résistance à l’occupation israélienne.”

So that’s it: Hamas is seeking to sweep aside a deliquescent Palestinian Authority and impose itself as the dominant Palestinian actor, vis-à-vis Israel and everyone else, and which would most certainly win an election in the West Bank-Gaza (which will have to happen sooner or later). And thanks to Israel, and Benjamin Netanyahu in particular, Hamas will likely succeed.

As for the other side of the equation, two pertinent articles from 2019 have been reposted on social media of late, one in Foreign Affairs by Aaron David Miller, “Israel and Hamas need each other;” the other in the Forward by Gaza writer and columnist Muhammad Shehada, “You know who wants Netanyahu to win? Hamas.” If the latter was the case in 2019, it is equally so in 2021. Hamas wants Netanyahu to remain in power and for his government to lurch even further to the extreme right—and with the inevitable consequences on the West Bank, East Jerusalem, and among Palestinian citizens of Israel. And it will likely succeed. Helluva job, Bibi.

To be continued.

UPDATE: Voilà the page 2 article in Le Monde dated May 18th: “Dimanche à Gaza, le massacre de la rue Wehda.” In The Washington Post’s dispatch (May 17th) on the Wehda Street massacre, and the 17 members of the extended family killed by Israeli missiles, is this:

The [IDF’s] operation is the first test of a new “victory concept” espoused by Lt. Gen. Aviv Kochavi, Israel’s chief of staff. It aims to turn the Israeli military into what one Israeli Defense Forces document describes as a “significantly more lethal, networked war machine that can destroy enemy capabilities in record time and with the lowest possible casualties” and to shift away from the old methods known as “mowing the lawn” — military campaigns that buy a little respite — to more decisive victories. Part of it is adapting to more quickly identify targets in dense urban areas such as Gaza. “This,” Lt. Col. Jonathan Conricus, an Israeli military spokesman, said in a recent briefing, “is the doctrine and concept being applied.”

For those in the city, it has felt as if there is no escape.

Also in Le Monde is an interview with Hagai El-Ad, the executive director of B’Tselem, in which he submits: “Il faut se demander si la véritable intention de tels assauts [par Israël] n’est pas de brutaliser la population civile.”

2nd UPDATE: The well-known Israeli journalist and specialist of Palestinian affairs (and co-creator of the series ‘Fauda’), Avi Isaacharoff, seeks to set the record straight in a Twitter thread (May 17th) “For the ones who forgot some facts about the war in Gaza.”

3rd UPDATE: Historian Martin Kramer has seen fit to repost on Twitter a 2006 blog post of his, “Hamas of the intellectuals,” the subject of which is the dim views of Edward Said of the Palestinian Islamist organization and the secular intellectuals who apologize for it.

4th UPDATE: Gerson Baskin, the well-known peace activist and founder of the Jerusalem-based Israel/Palestine Center for Research and Information—and who has dialogued with Hamas officials—has this comment (May 12th) on his Facebook page:

I don’t know about you, but I am quite amazed by the military capabilities of Hamas. Gaza has been under siege since 2005. From around 2014 the smuggling tunnels between Sinai and Gaza were destroyed by the Egyptians. Israel controls almost everything that enters Gaza, there are strong limitations on materials which are called “dual usage” meaning that they have a civilian use and a potential military use which are not allowed into Gaza. With all those limitations, let’s admit it – Hamas has developed an enormous quantity of short- and long-range rockets which are of a much higher quality than ever before. They have demonstrated the ability to launch up to 100 rockets in a very short period of time. The Engineering faculty of the Islamic University in Gaza must have really focused the studies and military applications of the students in the past years. By the way, if I remember correctly, the building of the Engineering faculty was built with money from USAID. I visited there once back in 2007. With that, it is important to consider what could have been done for the people of Gaza if Hamas had employed all of that enterprising genius in the development of housing, schools, hospitals, high-tech startups and more. I imagine that many Palestinians feel some sense of pride in the military abilities demonstrated by Hamas against mighty Israel. I can understand that, but please take a minute and consider what could have been developed instead of those rockets.

A question I’ve been asking (rhetorically) for years: if Hamas wants to end the Israeli blockade of Gaza, why doesn’t it simply announce that it accepts the three principles of the Middle East Quartet? Seriously.

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Je recommande la lecture de cette fascinante, étonnante et gratifiante série en six volets, intitulée “Sarajevo-Jérusalem” et publiée dans Le Monde du 13 au 19 août, sur la communauté juive de Sarajevo, présent et passé, de son histoire de bonne entente avec les musulmans bosniaques de la ville – ville où il n’y a jamais eu de ghetto et où l’antisémitisme était quasi inexistant. Il y a eu une douzaine de milliers de juifs à Sarajevo avant la Deuxième guerre mondiale – 20% de sa population, majoritairement séfarade – dont plus de 80% ont été exterminés pendant l’occupation nazie, avec le concours des Oustachis croates. Un certain nombre des rescapés est parti en Israël après 1948, et surtout pendant le siège de Sarajevo par l’armée yougoslave serbe (1992-95) – quoique les juifs de Bosnie-Herzégovine étaient, dans leur majorité, peu pratiquant et pas très sioniste.

Ce qui reste aujourd’hui est une vibrante communauté d’un millier d’âmes qui fait partie intégrante de la ville. L’expérience sarajévienne réfute-t-elle la notion d’une Bosnie historiquement divisée en communautés vivant à couteaux tirés – et s’inscrit en faux plus généralement contre le nationalisme ambiant de notre époque. Comme on peut lire dans le sixième volet, “contrairement au mythe brandi par les nationalistes des trois dernières décennies, la coexistence ne fut pas limitée à une Yougoslavie de Tito condamnée à disparaître après sa mort, mais qu’elle fut ancrée dans l’histoire de la ville durant des siècles, répondant à un sincère besoin de bon voisinage et d’humanité des Sarajéviens.”

L’expérience sarajévienne allait au-delà du bon voisinage. Il y a eu une véritable solidarité entre juifs et musulmans (avec des mariages mixtes). À ce titre, le Jérusalem d’aujourd’hui – l’exacte contraire du vivre-ensemble, où une communauté (en l’occurrence, juive) domine les autres par la force – est implicitement posé en contre-modèle, et pour cause.

L’auteur de cette remarquable série, Rémy Ourdan, connait bien le sujet. Grand reporter au journal Le Monde, il a couvert le siège de Sarajevo durant quatre ans (et a co-réalisé un documentaire dessus) et a fait maints reportages en Israël-Palestine au fil des années.

Voilà les volets de la série:

  1. Juifs de Sarajevo: les héros ordinaires de la ‘Jérusalem de l’Europe’. —— A travers l’histoire des juifs de Sarajevo, voyage dans ces deux villes en quête d’universalité, symboles des peuples du Livre, épicentres des conflits modernes, sur les traces d’une certaine idée, réelle ou imaginaire, de la coexistence…
  2. La saga du sauvetage de la Haggadah de Sarajevo, le manuscrit sépharade le plus précieux au monde. —— Convoité par les nazis en 1942 puis menacé pendant la guerre de Bosnie, le fameux manuscrit enluminé du XIVe siècle a dû être caché à plusieurs reprises.
  3. Les mousquetaires juifs du siège de Sarajevo. —— La communauté juive a, pendant la guerre de Bosnie, lancé une incroyable opération humanitaire, organisant l’évacuation de 2 500 Sarajéviens et portant assistance aux assiégés. Israël a de son côté vu débarquer des centaines de ‘juifs sarajéviens’ très peu juifs…
  4. Les étonnantes coutumes des rabbins sarajéviens. —— A l’instar du dernier rabbin yougoslave, Cadik Danon, c’est toute une lignée de religieux, représentée aujourd’hui par Eliezer Papo et Igor Kozemjakin, qui prend des libertés avec les lois et traditions juives. Une vision du judaïsme proche de l’esprit de Sarajevo.
  5. De l’’éducation sarajévienne’ à la cause palestinienne. —— Fille d’une survivante sarajévienne de Bergen-Belsen, Amira Hass vit depuis vingt-cinq ans en Cisjordanie. Cette reporter et éditorialiste au quotidien ‘Haaretz’ défend sans relâche la cause palestinienne dans les colonnes de son journal.
  6. Sarajevo-Jérusalem, deux villes, deux destins. —— Contrairement à Sarajevo, qui a résisté avec l’énergie du désespoir à la division ethnique de la ville, les habitants de Jérusalem vivent aujourd’hui séparés et la ville sainte est plus fracturée que jamais.

Here’s a related article in Haaretz, dated 19 July 2017, by Sarajevo-based journalist Kate Bartlett: “Why Sarajevo’s tiny Jewish community believes it’s in the safest place in Europe for Jews: In a country where ethnic hatreds run deep, the Jewish community in the ‘Jerusalem of the Balkans’ says it is not subject to anti-Semitic acts and is even enjoying a ‘baby boom’.”

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[update below]

There have been the expected slew of documentaries and reportages since last Sunday on the new president of the republic, which, taken together, offer a more than positive image of him. The one on TF1 Monday night, “Emmanuel Macron: les coulisses d’une victoire,” is really worth seeing. TF1’s description:

De secrétaire général adjoint à l’Elysée à candidat à la présidence de la République, le novice en politique est passé de l’ombre à la lumière en très peu de temps. Durant 200 jours, nos caméras l’ont suivi dans les coulisses de sa campagne et dans son ascension exceptionnelle. Durant huit mois, nous avons été les seuls à être autorisés à suivre le candidat Emmanuel Macron avec notre caméra dans les coulisses de cette campagne exceptionnelle. De l’annonce de sa candidature jusqu’à son élection le 7 mai, nous vous proposons un documentaire exclusif vous permettant de vivre de l’intérieur la campagne d’Emmanuel Macron à la manière d’un thriller politique.

Seeing Emmanuel Macron behind the scenes, one cannot help but like him. He’s always smiling, in a buoyant, positive mood—avenant is the word in French—and that clearly rubs off on those around him. Contrast this with Jean-Luc Mélenchon, with his perpetual tête des mauvais jours, always scowling and trash-talking (and his spokespersons—Alexis Corbière, Éric Coquerel et al—are no different). Thank god that S.O.B. didn’t make the 2nd round.

France 3 also aired a most interesting documentary Monday night, “Ainsi soit Macron.” The description:

La trajectoire fulgurante d’Emmanuel Macron l’a fait passer en trois ans du quasi anonymat à la présidence de la République. Et pourtant, même si les médias l’ont suivi jour après jour durant sa campagne, personne ne le connaît vraiment. Le politique s’est exprimé, progressiste, social et libéral en même temps, mais l’homme reste une énigme. Derrière le story-telling officiel, quelle est la véritable personnalité de celui qui va diriger la France ? Quelles sont ses forces, ses faiblesses ? Grâce à des images inédites et des témoignages exclusifs, dont celui de son épouse Brigitte, ce film raconte les moments charnières de la trajectoire du nouveau Président et révèle les motivations profondes qui l’animent. Enquête sur un météore devenu Président.

And France 2’s Envoyé Spécial on Thursday had the inevitable reportage, “En marche vers l’Elysée.”

Qui pouvait imaginer qu’en créant son mouvement En marche ! en avril 2016, Emmanuel Macron deviendrait président de la République ? Ce pari, longtemps moqué par le sérail politique et médiatique, est l’objet de ce film. Grâce aux interviews exclusives du candidat et à l’accès aux séances de travail dans les coulisses de son QG, ce document raconte la stratégie de campagne mise en place par Emmanuel Macron pour conquérir l’Elysée.

For some reading—not watching—see this interview with Macron on his apprenticeship in philosophy. C’est une tête celui-là.

UPDATE: For more reading on Macron’s “tête,” see the lengthy piece in Mediapart by Joseph Confavreux and Mathieu Magnaudeix, “Dans la tête d’Emmanuel Macron.”

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Emmanuel Macron, Paris, April 17th (photo: Le Temps)

PREFACE: This post was largely written before last night’s terrorist attack on the Champs-Elysées, which is naturally dominating the news today and leading to all sorts of speculation as to the consequences for Sunday’s vote, and with nervous nellies—mainly non-French—fretting that it could boost Marine Le Pen’s chances. The only thing to say about this is that France has experienced numerous terrorist attacks over the past three decades and with none moving the polls in one direction or another. E.g. the Mohamed Merah killings in Montauban and Toulouse in March 2012—one month before the 1st round of the 2012 presidential election—had no effect on the race—and, moreover, did not even cause a momentary uptick in tough guy President Sarkozy’s numbers. The 2015 regional elections may be a partial exception to this, with political scientist Pascal Perrineau saying at the time that the November 13th atrocity three/four weeks earlier increased the Front National’s score by up to three points. But November 13th was a huge attack and that traumatized the entire French nation, regional councils are mostly powerless bodies that the vast majority of citizens never think about, and elections to them are low participation affairs—50% in the 2015 1st round and 59% in the 2nd—and outlets for throw-away protest votes against the incumbent party at the national level. And in 2015, the FN’s historic score in the 1st round provoked a mobilization of anti-FN voters in the 2nd, resulting in the party not winning a single council. Last night’s attack does play into themes that Marine Le Pen has been hammering away at and could possibly move some voters she’s been losing over the past month back into her column. If any candidate does benefit from the attack—and I emphasize if—it will, however, more likely be François Fillon. But that’s idle speculation and that I will engage in no more of. On verra dimanche soir.

On the race, the final polls are coming in and all show stability, with Emmanuel Macron narrowly in first, Marine Le Pen a close second—but losing ground—and François Fillon and Jean-Luc Mélenchon on her heels and tied for third, and all four within the margin of error. This thing could go any which way—with six possible configurations, three of which are calamitous—and with any prediction at this stage a crap shoot in view of the exceptional number of undecideds and uncertainty over the participation rate. Everyone is fretting, nervous, or downright worried. Speaking for myself, by tomorrow night I’ll probably be in a state of terror contemplating the prospect of one of the three calamitous configurations materializing the next day.

As for those calamitous configurations, they are the 2nd round match-ups that do not include Emmanuel Macron.

Macron had his big Paris rally on Monday afternoon (Easter Monday, so a public holiday) and which I attended. It was at the Palais Omnisports de Paris-Bercy—formally branded the AccorHotels Arena—which is the largest indoor arena in the city. The turnout was impressive. My friend and I wanted to be in the fosse (standing-room pit in front of the stage), so we could walk around and take photos, but after waiting in line for almost an hour, were turned away, informed that the fosse was reserved for En Marche! activists (wearing orange bracelets), so we had to sit in the upper deck, making it difficult to take good photos (particularly with my not terrific Galaxy A5) and my friend, who has a high-end camera (with telephoto lens and all), was not allowed to bring it in—security at Bercy is draconian—which was a disappointment. So no photo album for this rally. Just this one pic, taken a couple of minutes after Macron mounted the stage and with the audience on its feet.

Some observations on the rally, which crystallized much of the Macron campaign: It was stage-managed to a far higher degree than any other such political event I’ve attended in this country. First, the mere fact that the fosse was reserved for activists, and who were, moreover, seated, so no fluidity or moving about. And the lower decks, which were mainly occupied by activists wearing En Marche! t-shirts, and roughly grouped by color (yellow, orange, blue). It looked good from a distance, and no doubt on television. Cf. the Benoît Hamon rally a month ago, which was more laid back. There were also more people at Hamon’s rally, as Macron’s had a much larger stage and in the middle of the fosse—with four teleprompters, so he could move about while doing his televangelist-like act—thereby reducing the number of people who could get in there (I’d say 17,000 people were in the arena, compared to 20K for Hamon).

Second, Macron arrived at precisely 5:00 and spoke for precisely an hour-and-a-half. Impeccably choreographed. The crowd was enthusiastic, as one could expect, but, from my vantage point at least, I didn’t find the overall atmosphere as electric as the Hamon rally. As for the audience, it was in the image of Macron: that portion of France that is educated and part of the global economy—and for the young people there, who will soon be part of that economy. That’s Macron’s base. I tried to determine, in the audience reactions during his speech, if they were politically more to the left or right. As his oblique references to Fillon and Le Pen aroused the loudest boos—and particularly his dig at Sens Commun—this would suggest that his hardcore fans are not, in their majority, habitual voters of the LR party. Indirect references to Hamon and Mélenchon—e.g. the line about turning France into a “Venezuela without oil” and “Cuba without the sun”—did not provoke the same negativity from the crowd.

As for Macron’s speech, the first half of it was vaporous. He’s a good enough speaker—though I will rank him below Mélenchon and Hamon—but can talk for minutes on end without saying anything in particular, or nothing that anyone remembers. The second half of the speech, which focused on his vision for France, was better (for the whole thing, go here). He thankfully did not present a laundry list of policy proposals but rather sought to give an idea of what one could expect with him in power. It was classic Macron: un coup à droite, un coup à gauche. Numerous phrases contained buzzwords appealing to right and left alike, e.g. “entreprise” and “réussite” (success) to impress the right—and  “equality” and “solidarity” to reassure the left. And all in the same sentence. And invoking De Gaulle and Mitterrand, and in the same breath, as great leaders of the past and from whom he draws inspiration (which is actually not reassuring, but that’s another matter).

I’ve been wanting to like Macron, as I desperately hope he is elected on May 7th—There Is No Alternative: it’s him or the deluge—but it’s not always easy. His youth, political inexperience, and incessant triangulating—of trying to be too many things to too many people—causes him to make avoidable mistakes. E.g. saying in his JDD interview two weeks ago that he would reform the Code du Travail by ordonnance (i.e. modify the labor code by, in effect, executive decree). This is both bad policy and terrible politics. The Code du Travail is one of the hottest potatoes in the French political system and any reform of it needs to be preceded by a public debate—however conflictual that may be—and a vote in parliament. Changing it by presidential ukase will cause the left to hate him, and Macron needs as much of the left as he can possibly get. But enraging the unions—even those otherwise well-disposed toward him (CFDT, CFTC)—and voters on the left will win him nothing on the right, as not a single Fillon voter is going to defect to him on account of this alone. It was a stupid rookie error and that he has had to partially walk back. And he said nothing about it in his Bercy speech.

There are other problems with Macron—notably in the (Gaullist/Mitterrandian) way he says he will govern—which I’ll take up next week (assuming he qualifies for the 2nd round). But there are some very positive, compelling features of his candidacy and which counteract the drawbacks, one being his sunny optimism for France and its future. Macron’s discourse is devoid of demagoguery, dark pessimism, or apocalyptic depictions of present-day France and the world (cf. the other three top contenders). If Barack Obama had not trademarked “Yes we can!,” it would be the ideal motto for the Macron campaign. Macron projects positivity, and smiles while he’s at it. Macron believes in France and its ability to prosper and thrive in a globalized world.  And, as one knows, he is the most pro-Europe candidate and whose election will thrill France’s EU partners. Among many other things, a President Macron will surely increase French influence in the European Council. Macron represents change—a rejuvenation of the French political class, which voters say they want—but without wreaking havoc. C’est-à-dire, il ne va pas foutre le bordel. Again, cf. the other three contenders.

Leaving the Bercy arena, my friend—sociologist Didier Le Saout, who is on the left and not a Macron fan de la première heure—said to me, “Can you imagine what this presidential race would be if Macron weren’t there?” We would have nothing but awful choices. Hamon would no doubt be higher in the polls but, as the candidate of the discredited PS, would have no chance. And it’s not clear that François Bayrou on a fourth try would have generated the same dynamic that Macron has. So alhamdulillah الحَمْد لله for Emmanuel Macron.

Didier Le Saout has sent me his reflections on the rally and the Macron phenomenon. Le voici:

 Le projet social-libéral d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron veut définitivement casser l’image partagée dans les représentations politiques françaises du libéralisme emprunt de valeurs de droite. En déclarant en 2015 que le « libéralisme est une valeur de gauche », il se montre préoccupé de voir son projet légitimé par la gauche. De son point de vue, cette dernière porte le mieux la dimension culturelle ou sociétale du libéralisme pour défendre et étendre les droits et libertés des individus. A cet égard, la reconnaissance du « mariage pour tous » sous la présidence de François Hollande s’accorde parfaitement avec son projet d’émanciper les individus du joug de la tradition et de la religion. Ces mêmes valeurs libérales de la vie en société sont revendiquées haut et fort par ses partisans. Lorsque dans son grand meeting parisien du 17 avril 2017, deux hommes puis deux femmes vêtus du teeshirt du mouvement En marche sont filmés en s’embrassant sur les grands écrans de la salle, ils sont applaudis sous les hourras des 20 000 participants.

Mais Macron n’entend pas cantonner son projet à un univers de représentations perçues comme de gauche. La référence faite au libéralisme culturel et sociétal ancré à gauche lui permet de faire un pont avec un modèle de « société libérale avancée » tel que prôné par d’autres courants de la droite. Ceci lui vaut d’être dénoncé par la gauche comme ne proposant qu’un relooking de la politique menée par l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing qui dans les années 1970 avait abaissé l’âge de la majorité de 21 à 18 ans, légalisé l’avortement et permis de divorcer par consentement mutuel. Ne critiquant pas le capitalisme, le projet de Macron montrerait alors ses limites selon ses détracteurs.

Revendiquant un libéralisme politique articulé sur des dimensions culturelles et sociales, Macron en appelle alors à la morale pour se distinguer du libéralisme thatchérien. Il ne se prive pas de mettre en garde des patrons d’entreprises publiques et privées contre les excès de leurs rémunérations montrant ainsi que l’Etat peut indiquer aux entrepreneurs le juste chemin à suivre. De la même façon, il met en garde des risques d’exclusion que pourrait induire le libéralisme. Ce n’est encore pas un hasard si durant ce même meeting parisien du 17 avril il fait référence à Philippe Séguin, l’inspirateur du fameux discours de Jacques Chirac durant sa campagne électorale de 1995 sur la « fracture sociale ». Si personne ne doit rester sur le bord de la route, il n’importe pas selon Macron de renforcer les dispositifs d’aides sociales mais de permettre à chacun de pouvoir bénéficier d’une formation tout au long de la vie. La nécessité de parvenir par la loi à une « moralisation de la vie publique » et au renouvellement des élus prolonge encore ces exigences morales dans le système politique.

En bref, Macron défend un libéralisme politique articulé sur des dimensions culturelles et sociales pour encadrer la vertu créatrice et l’envie de réussir tout en ne remettant pas en question le rôle de l’Etat et encore moins du capitalisme. En cela, son projet peut résolument être considéré comme social-libéral.

The Macron rally over (at 6:40), Didier and I took the metro to Porte de Pantin, to Marine Le Pen’s rally at the Zénith, which was scheduled to begin at 8:00.

The above photo, taken by me, is of the end of MLP’s speech, with all the FN’s heavyweights (Marion Maréchal-Le Pen, Gilbert Collard et al) on the stage, and in what was the one festive-like moment of the rally. Otherwise, it was a horror show, by far the darkest—both figuratively and literally (the lighting in the arena was somber)—political event I have witnessed in France, indeed anywhere. I attended Marine’s rally in 2012—five years prior to the day—also at the Zénith, which I had a post on and with dozens of pics. The Zénith is not the largest arena in Paris—seating 6,300 and with no fosse—so the mere fact that MLP held her rally there, despite flying high in the polls, signified that the FN didn’t think it could fill a larger hall. And it didn’t even this one: whereas it as was full to capacity in 2012, this time there were empty seats in the upper rows. The turnout was likely on the order of 5,500. Not terrific for a candidate who, it has been assumed until lately, is a shoo-in for the 2nd round.

I thought the 2012 rally was a success for Marine and that she gave a good speech. Not this time. First, the production values of the event were poor: In addition to the somber lighting, there was no music before things got going and the two warm-up speakers were duds (one I hadn’t even heard of—I didn’t catch his name—and campaign spokesman and Fréjus mayor David Rachline, who’s 29-years-old but looks and acts like he’s 50). As for Marine’s speech, it was an hour-and-forty-minute diatribe and from the get go: against immigration, migrants, terrorism, radical Islam (when not just Islam tout court), crime, globalization, global financiers… in short, against all the FN’s boogeymen and everything it fears and/or hates. Adding to this were her vituperative attacks on Fillon, Macron, and Mélenchon, all referred to by name and with the hall booing loudly. It was an orgy of red meat thrown to the crowd, which devoured it all. There were moments when the entire hall was in a frenzy. It was an unpleasant ambiance. A Turkish Kurdish activist friend of Didier’s, who’s settled in France and wanted to see an FN rally with his own eyes, came along with us; he was visibly uncomfortable throughout—and not at all reassured by a man sitting near us who continually bellowed “Islam hors de France!” (Islam out of France!), and another who, likely observing that we were not applauding—and were maybe journalists, another target of FN hate—tried to goad us at a couple of points (we ignored him). As Didier was allowed to bring in his camera, he took photos—which are a lot better than mine—some of which he put into an album that may be viewed here.

At the 2012 rally, Marine flashed smiles at the crowd; this time she was febrile, indeed tense. As for an explanation as to why she was on edge, her campaign has been preoccupied, even alarmed, of late by her loss of five to seven points in the polls over the past month and Mélenchon’s sudden surge, at least some of which is coming at her expense. And also by Fillon’s doggedness and the hard right lurch of his campaign. It has gone without saying that Marine would qualify for the 2nd round but that is now not looking 100% certain. An IFOP-Fiducial-JDD-Sud Radio poll taken earlier this month showed that FN voters are concerned above all with immigration, terrorism, and crime—the FN’s historic stock-in-trade—and less so with Europe and the euro (which MLP largely ignored in her speech). Thus Marine’s virulence on Monday night. The return to fundamentals. She was whipping up the base. And so much for de-demonization. During her diatribe, I leaned over to Didier and said “Je la trouve particulièrement facho ce soir” (I’m finding her particularly fascistic this evening). The reaction in the media the next day—plus a Facebook exchange with Time Magazine’s Vivienne Walt, who was also at the rally—indicated that I was not alone in my sentiment.

So it’s definitive: It’s the same old Front National. The FN has not changed at all. And it never will. It will thus not rule France: not this year, or in 2022, or ever.

Another party that, beginning next month, won’t be in power for a long time—if ever again—is the Parti Socialiste. Benoît Hamon had his final Paris rally on Wednesday, at the Place de la République. The event started at 5:00, with speeches by a panoply of high-profile Hamon supporters (e.g. Thomas Piketty and other stars), a keynote by Hamon, and then a concert with various groups scheduled to go to midnight.

I arrived at 7:30, while Hamon was speaking. There were several thousand people in the square, who were enthusiastic enough, but the square was not full. It was, in effect, Hamon’s farewell speech. I feel for him, as no one anticipated the plunge in the polls—and into the single digits no less—and particularly after the success of his March 19th Bercy rally. And he faces humiliation on Sunday. He finished the speech at 8:00, after which most of the crowd left the square, with not too many remaining for the music. I found some friends there and, as it was quite cold—in the 40s F/8°C and windy—we took refuge in a nearby bar. I wonder if the event didn’t end early. Triste fin de campagne. Didier Le Saout was there and took a few photos, which may be viewed here.

I’ll have an election eve post tomorrow.

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Le CEVIPOF de Sciences Po a développé, en partenariat avec le quotidien 20 Minutes, une boussole présidentielle, qui permet aux citoyens de tester leurs convictions politiques par rapport à celles des onze candidats à l’élection présidentielle. Le test est bien conçu à mon avis—comme le Politest, qui a été crée en 2006 par des étudiants à Sciences Po (et actualisé en 2012). Pour accéder à la boussole, allez ici.

France 24, pour sa part, a créé une boussole électorale aussi, qui n’est pas mal. And it may be taken in English.

To take the Politest—”the test to see where you are situated politically”—in English, go here.

My results for the two “boussoles” are below (screen shots). I am closest to Benoît Hamon, not surprisingly, though just a little to his right 😉

According to the France 24 one, the candidate whose positions I am in the most agreement with is… Nathalie Arthaud. Allez savoir…

As for how I will be casting my ballot on April 23rd, I am still undecided between Hamon and Emmanuel Macron, and will likely remain so until the day of the vote…

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[update below] [2nd update below] [3rd update below]

Yesterday I had a brief post on the victims of the November 13th attacks. Today it’s on the perpetrators. If one hasn’t seen it, Olivier Roy has the best analysis so far of the terrorists, in a full-page tribune in Le Monde dated November 25th, “Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste” (also here). In reading Roy’s essay in hard copy, I underlined noteworthy passages to quote. But as almost the entire thing got underlined, I’ll just let you, the reader, read it in its entirety. If the essay is eventually published in English, I’ll link to it.

One key line by Roy: What we’re facing here is not a radicalization of Islam but rather an Islamization of radicalism.

Peter Harling of the International Crisis Group, who has spent much of the past two decades living in Iraq and Syria, weighs in on the Paris terrorists in a must-read post, dated November 26th, in Orient XXI, “Tuer les autres, se tuer soi-même.” Again, if this one is published in English—which, in view of Harling’s bilingualism, is possible—I’ll link to it in an update.

The excellent Farhad Khosrokhavar, who knows more about jihadism in Europe than any other social scientist, is interviewed in L’Obs (November 26th) on the question post-Paris, “Moins ils connaissent l’islam, plus ils sont attirés par le djihad.” Translation: the less they know about Islam, the more they are attracted by jihad.

Also interviewed on the Paris attacks (November 26h) is the well-known Islamologist Gilles Kepel, in the Lausanne daily Le Temps, “Le 13 novembre? Le résultat d’une faillite des élites politiques françaises.” Kepel—who unhabitually lets loose in the interview—has some interesting observations on, entre autres, Saudi Arabia, as well as on the Al-Qaida/IS grand penseur Abu Musab al-Suri. (BTW, on al-Suri see Adam Shatz’s 2008 review essay in the LRB, “Laptop jihadi“).

EHESS doctoral candidate Adam Baczko has a tribune (November 26th) in Libération, “L’objectif de l’Etat islamique est de provoquer une politique de réaction identitaire.”

À suivre, évidemment.

UPDATE: Olivier Roy, at a conference in Germany on international terrorism ten days ago, gave a speech entitled “What is the driving force behind jihadist terrorism? – A scientific perspective on the causes/circumstances of joining the scene,” which is pretty much an English version of his Le Monde essay. It is linked to in PDF in the first comment below (thanks to Rich Kaplan—crack sociologist and personal friend—for finding it).

2nd UPDATE: If one didn’t see it, French journalist Nicolas Hénin has an op-ed in The Guardian (November 16th), “I was held hostage by Isis [for ten months in 2013-14]. They fear our unity more than our airstrikes.” The lede: “In Syria I learned that Islamic State longs to provoke retaliation. We should not fall into the trap.” Pour l’info, Hénin has a book out, Jihad Academy, published by Fayard this past February.

Omer Aziz, a J.D. candidate at Yale Law School who recently worked for the UN Special Envoy to Syria, has a piece in TNR (November 17th), “The soul of a jihadist: The radical evil behind the terrorist attacks on Paris.”

And ICYMI, the NYR Daily has two posts dated November 16th: “Paris: The war ISIS wants,” by Franco-American anthropologist Scott Atran—who has written extensively on radical Islamism—and UCL doctoral student Nafees Hamid; and “From Mumbai to Paris,” by the well-known Pakistani journalist Ahmed Rashid.

3rd UPDATE: The Swiss RTS had a twenty-minute interview with Olivier Roy on November 27th (listen here), in which he said, entre autres, that trying to deradicalize jihadists is “absurd.”

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Ansongo, Mali, 29 January 2013 (photo: Kambou Siakmbou Sia/AFP/Getty Images)

Ansongo, Mali, 29 January 2013 (photo: Kambou Siakmbou Sia/AFP/Getty Images)

That’s the title (in English) of an op-ed in Le Monde (issue dated 11-12 October), by Sciences Po international relations professor Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, and with which I entirely agree. For those too lazy to click on the link, here’s the full text, with notable passages on the Libya intervention in bold (a subject on which I have periodic contradictory exchanges) [UPDATE: Jeangène Vilmer has a piece with Olivier Schmitt—who teaches political science at the University of Southern Denmark—dated 14 October on the War on the Rocks blog, “Frogs of War: Explaining the new French military interventionism.”]

Avec le chaos en Libye, l’emprise de Daech en Irak et en Syrie, et la progression des talibans en Afghanistan, il est de bon ton de s’en prendre à l’interventionnisme occidental des quinze dernières années, dont les crises actuelles ne seraient que les contrecoups. Il est certainement nécessaire de tirer les leçons de nos échecs, mais il faut le faire sans céder à la simplification.

Premièrement, cet examen de conscience ne doit pas être une excuse pour amalgamer des interventions plus ou moins légales et légitimes : l’invasion de l’Irak (2003) reste un cas à part, une guerre de choix non autorisée par le Conseil de sécurité, contrairement aux autres.

Comparer, pour la décrédibiliser, l’intervention en Libye (2011) à cette agression illégale est faire fi de la résolution 1973 qui, contrairement à un préjugé répandu, n’a pas été dévoyée. Elle n’autorisait certes pas le changement de (more…)

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Kamel Daoud (photo credit: AFP/Bertrand Langlois)

Kamel Daoud (photo credit: AFP/Bertrand Langlois)

[update below]

Kamel Daoud, the excellent Algerian commentator and author—whose latest novel was a finalist for the 2014 Prix Goncourt—, has been hit with a fatwa by salafi imam Abdelfatah Hamadache (a.k.a. Shaykh Abd al-Fatah al-Jaza’iry)—who preaches in salafi Algiers mosques and leads a micro-political party (not recognized by the Algerian state) called the Islamic Sahwa Front—, calling Daoud a “Zionized…apostate” who insults “Allah” and the Qu’ran, and who would, if Algeria were governed by Shari’a law, be put to death for “apostasy” and “heresy” (the good imam published the fatwa yesterday on his Facebook page; the post begins with this: دعوة لتطبيق الحد عليه). Here is Daoud’s brilliant riposte, published on his FB page. It merits translation into English and other languages

 50 nuances de haine

Question fascinante: d’où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l’histoire et dans leur mémoire dès que quelqu’un pense autrement qu’eux ? La peur d’être dans l’erreur les poussant donc à imposer l’unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l’Autre ? De toute une histoire d’échecs, de frustrations, d’amour sans issue ? De la chute de Grenade ? De la colonisation ? Labyrinthe. Mais c’est étrange: ceux qui défendent l’islam comme pensée unique le font souvent avec haine et violence. Ceux qui se sentent et se proclament Arabes de souche ont cette tendance à en faire un fanatisme plutôt qu’une identité heureuse ou un choix de racine capable de récoltes. Ceux qui vous parlent de constantes nationales, de nationalisme et de religion sont souvent agressifs, violents, haineux, ternes, infréquentables et myopes: ils ne voient le monde que comme attaques, complots, manipulations et ruses de l’Occident. Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l’Afrique où l’on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l’Occident et eux comme couple du monde, le reste c’est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L’abbé Pierre n’est pas un emploi de musulman ?

Laissons de côté. Gardons l’œil sur la mécanique: de quoi est-elle le sens ? Pourquoi l’identité est morbidité ? Pourquoi la mémoire est un hurlement par un conte paisible ? Pourquoi la foi est méfiance ? Mais que défendent ces gens-là qui vous attaquent chaque fois que vous pensez différemment votre nationalité, votre présent ou vos convictions religieuses ? Pourquoi réagissent-ils comme des propriétaires bafoués, des maquereaux ? Pourquoi se sentent-ils menacés autant par la voix des autres ? Etrange. C’est que le fanatique n’est même pas capable de voir ce qu’il a sous les yeux: un pays faible, un monde «arabe» pauvre et ruiné, une religion réduite à des rites et des fatwas nécrophages après avoir accouché, autrefois, d’Ibn Arabi et un culte de l’identité qui ressemble à de la jaunisse.

C’est qu’il ne s’agit même pas de distinctions idéologiques, linguistiques ou religieuses: l’imbécile identitaire peut tout aussi être francophone chez nous, arabophone, croyant ou passant. Un ami expliqua au chroniqueur que la version cheikh Chemssou laïc existe aussi: avec la même bêtise, aigreur, imbécillité et ridicule. L’un parle au nom de Dieu, l’autre au nom des années 70 et de sa conscience politique douloureuse et l’autre au nom de la lutte impérialiste démodée ou du berbérisme exclusif. Passons, revenons à la mécanique: de quoi cela est-il le signe ? Du déni: rues sales, immeubles hideux, dinar à genoux, Président malade, une dizaine de migrants tués dans un bus sur la route du rapatriement, dépendance au pétrole et au prêche, niveau scolaire misérable, armée faiblarde du Golfe à l’océan, délinquances et comités de surveillance du croissant, corruption, viols, émeutes. Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l’avis de Kamel Daoud, le film «l’Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l’Occident en général, le bikini en particulier et l’affirmation que je suis Algérien ou le cas d’Israël comme structure des imaginaires morbides.

Pourquoi cela existe ? Pourquoi l’âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

A petition has been launched in Algeria expressing solidarity with Kamel Daoud and calling on the Ministry of Justice there to prosecute Abdelfatah Hamadache for his call to murder. Très bien.

UPDATE: A well-known Algerian journalist and blogger informs me that Abdelfatah Hamadache is “nothing other than a pawn in the hands of the security services” (n’est rien d’autre qu’un jouet aux mains des services). And Éditions La Découverte’s engagé CEO François Gèze—a longtime critic of the Algerian regime—has a post (December 21st) on his Mediapart blog in which he informs the reader that Hamadache is indeed an agent of the DRS. Perhaps. Algerians will always tell you that so and so is in the pay of the DRS and offer all sorts of evidence (or “evidence”) to back it up. On en prend acte, c’est tout.

solidarité avec kamel daoud

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(image credit: BFMTV.com)

(image credit: BFMTV.com)

[update below]

What a miserable affair. Worse than pathetic. One can hardly believe that French politics has descended to this level. And with everything else happening in France and the world, that this is the talk of the town. I, for one, refuse to read Valérie Trierweiler’s book. I won’t even pick it up. I have learned as much as I need to know about it from the media coverage, plus these choice morsels published in Les Inrocks. Now I have no sympathy with François Hollande in this sentimental psychodrama, as I made clear in my posts of last January when the thing first broke (here and here), but now have even less for Valérie T., who, in her manic—and likely successful—effort to politically assassinate her ex-companion and permanently sully his character, has only further discredited herself—and sullied the institutions of the Republic in the process.

This does indeed seem to be the consensus at least among journalists. E.g. Ariane Bonzon—whom I know for her excellent enquêtes on Turkey—has a good commentary in Slate.fr on “La triple faute de Valérie Trierweiler,” which thus begins

Lors de l’affaire DSK, un de mes amis, qui n’avait pourtant rien à voir directement avec cette histoire, m’avait dit qu’il se sentait lui aussi touché: «J’ai honte à trois titres: en tant qu’homme, en tant que juif et en tant que libertin.» Chacune de ces identités impliquant chez mon ami une certaine exigence, éthique. Comme si l’opinion qu’il avait de lui-même avait été bafouée par DSK, homme, juif et libertin.

En lisant le livre de Valérie Trierweiler, j’ai ressenti le même sentiment que cet ami: ce livre me fait honte en tant que femme, en tant que citoyenne et en tant que journaliste.

Renaud Dély of Le Nouvel Obs had a similarly entitled commentary on Thursday, “La faute de Valérie Trierweiler,” in which he asserted that

Le livre de l’ex-Première dame n’est pas seulement un brûlot anti-Hollande, c’est une attaque contre l’esprit civique et une menace pour les institutions.

Rue 89’s Pierre Haski was on the same longueur d’onde in his commentaire à chaud, “Grand déballage de Trierweiler : la vengeance est mauvaise conseillère.” For his part, France Inter political editorialist Thomas Legrand—who is one of the smartest, most insightful analysts of French politics around—, in speaking of VT’s book, deplored “L’arlequinisation de la vie politique” in his commentary the day before yesterday. Daniel Cohn-Bendit, in an interview on Europe 1, called VT’s book a “moral suicide” of the ex-première dame, and in which he quoted from an editorial by La République des Pyrénées’s Jean-Marcel Bouguereau, who observed that

L’image que son “ex” donne de François Hollande est terrible au point qu’on se demande comment elle a pu rester une décennie avec personnage qui apparaît sous sa plume comme menteur, arrogant, infidèle, veule, lâche et surtout cynique.

Indeed. Mme Trierweiler does not smell like a rose in all this. Loin s’en faut.

One thing I need to assert—and that I have been doing since Wednesday—is that I do not believe for a split second that Hollande uttered the bit about “les sans-dents” in the first degree, i.e. in a literal sense. If he indeed said such a thing about poor people, there was certainly a context, or he was being ironic about someone else who may have said it, or something like that. As Libé’s Laurent Joffrin said on France Inter this morning, no one who has known Hollande personally over the years and spent time with him—as has Joffrin and so many other journalists, politicians, and public personalities—gives the slightest credence to VT on this. For this smear alone, she deserves permanent banishment from public life—and certainly from the journalistic profession.

If all this is not the coup de grâce to Hollande’s presidency, it’s not far from it. I don’t know how he and his entourage at the Elysée will pick up the pieces from this but they’ll no doubt soldier on nonetheless, as Hollande will certainly not resign. Unless he commits a crime or misdemeanor, or some really gross indiscretion, there is no reason for him to do so. He just won’t do it. And almost no one outside the Front National wishes for him to, or for him to dissolve the National Assembly at the present time. As the latest TNS-Sofres baromètre reveals, every political party in this country—including the FN—is presently judged negatively by public opinion. C’est du jamais vu. And the latest baromètre of L’Observatoire Politique CSA shows only two national political personalities—Alain Juppé and Najat Vallaud-Belkacem—to have higher positive than negative numbers with those polled. I mentioned this in my post last week on Valls II and it’s being confirmed with every poll that’s coming out. If neither the PS nor UMP has an interest in going to early elections, then they won’t happen. Period. Moreover, alarm at the damage to the political system and institutions of the Republic is sure to be expressed by increasing numbers on both left and right, as has Sophie de Menthon in a tribune in the right-leaning webzine Atlantico, in which she calls for a “Halte au feu! Pourquoi il faut sauver le soldat Hollande malgré lui.” As she puts it

A trop critiquer François Hollande, nous contribuons à mettre plus bas que terre la fonction de président de la République, ce qui finit par être mauvais pour la croissance et le moral de la France.

If one hasn’t seen it, Art Goldhammer had an incisive analysis yesterday of this weeks’s events (and in which he offered a tidbit about me, which I clarified in the comments thread).

Triste France, c’est tout c’que j’ai à dire.

UPDATE: Magistrate Philippe Bilger—whose political views are solidly on the right—has read Valérie Trierweiler’s book and written a commentary on it, entitled “François Hollande en compagne!,” on his Justice au Singulier blog (September 6th). On “les sans-dents” business, which right-wingers are going to town with on social media, he has this to say

La version de VT est-elle d’ailleurs exacte? L’Elysée dément et conteste ces allégations. On comprend que François Hollande soit «atterré»: on le serait à moins, sans que cela valide en quoi que ce soit les coups ciblés de VT.

Même si elle a mis en lumière les ambiguïtés de l’histoire amoureuse et politique entre Ségolène Royal et François Hollande, j’attache cependant infiniment plus de crédibilité à celle qui a été sa compagne durant longtemps, la mère de ses enfants et qui est autant imprégnée d’humanisme que la journaliste. Ségolène Royal a formellement contredit cette image d’un François Hollande sarcastique et dédaigneux des affres de la misère en se fondant sur l’expérience qu’elle a eue de l’homme et du politique.

Bilger’s review is interesting and well worth the read.

Le baromètre des partis TNS-Sofres de septembre 2014

Le baromètre des partis TNS-Sofres de septembre 2014

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putin rides bear

Here’s the latest in my occasional series of links to interesting articles on the ex-Soviet Union (the last one in April), this prompted by David Remnick’s report in the August 11th issue of The New Yorker, “Watching the eclipse,” on the political evolution of Russia—and eclipse of democracy there—since Vladimir Putin’s return to the presidency. The lede: Russia’s President sees himself as the leader of a new anti-Western, conservative axis, and his actions in Ukraine have made him a hero at home… Remnick’s narrative is framed by the experience of his friend Michael McFaul, political scientist and Russia specialist at Stanford, who was US ambassador to Moscow from January 2012 until resigning this past February. At some 11,500 words the piece is long but well worth the read.

While I’m at it, one good article I’ve saved, that dates from April 18th but is not time sensitive, is a special report by Reuters journalists David Rohde and Arshad Mohammed on “How the U.S. made its Putin problem worse.”

Here’s a 52-minute documentary that first aired on French public television in December 2013, “Russie, au cœur du goulag moderne.”

And in May M6 had a 1 hour 18 minute “enquête exclusive” entitled “Moscou au cœur de tous les extrêmes,” which may be viewed here.

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Gaza, July 9 2014 (photo:  Yonatan Sindel/Flash90)

Gaza, July 9 2014 (photo: Yonatan Sindel/Flash90)

More links to worthwhile analyses and commentaries I’ve read of late.

Mouin Rabbani, senior fellow at the Institute for Palestine Studies in Beirut and co-editor of Jadaliyya—and who previously worked for the ICG in the Palestinian territories—, has a piece in the LRB (July 18th) on “Israel mow[ing] the lawn.” For those not in the know, the expression “mowing the lawn” in the Israel-Palestine context refers to Israel militarily intervening in Gaza every two or three years to degrade the military capacity that Hamas had built up since the previous intervention. Whacking the mole, as it were, except with the mole popping up in the same place.

Probably the most sophisticated exposition of the Palestinian position in the latest flare-up by a representative of the Palestinian Authority that one is likely to hear is PA ambassador to the EU Leila Shahid’s July 10th interview on France 24 (here, en français).

And here’s one of the more powerful TV reportages I’ve seen from Gaza, “‘Why did they destroy a hospital’?,” from Great Britain’s Channel 4 News (July 18th).

On why Hamas has adopted the strategy that it has in this war, Mahdi Abdul Hadi, director of the East Jerusalem think tank Passia, explained it well in an interview in Libération (July 10th), “«Pour le Hamas, il n’y a pas d’autre option que la fuite en avant».”

À propos, here’s a quote by University of California-Irvine historian and MENA specialist Mark LeVine—who is engagé, très gauchiste, and 100% pro-Pal—that he posted on July 11th on one of his FB comments threads

… I’ve been [to Gaza] many times. I’ve spoken with many activists over 15 years, and Hamas members too. I’ve been told by senior Hamas members as far back as the late 90s that “we are addicted to violence. We know it doesn’t work but we don’t know how to stop using it.”…

On Hamas rebuilding since the 2012 flare-up, journalist and columnist Shlomi Eldar explains in Al-Monitor’s Israel Pulse (July 23rd) that “Hamas [has become] the first Palestinian army,” i.e. that it has built itself in a short period of time into the most formidable Palestinian army—not ragtag Fedayeen—that Israel has ever had to contend with. Eldar’s conclusion: Hamas is sufficiently dangerous for Israel that it needs to be smashed no matter what, even if ISIS-style jihadists take its place—and who would not pose a greater threat to Israel in any case.

The very smart GWU political science prof and MENA specialist Nathan J. Brown has an op-ed in WaPo (July 18th) on the “Five myths about Hamas.”

Jeroen Gunning, Executive Director of the Durham Global Security Institute, has an analysis on the BBC News website (July 18th) asking—and then trying to answer—”What drove Hamas to take on Israel?

I found the analysis by Avi Issacharoff (July 19th), The Times of Israel’s Middle East analyst, “Euphoric Hamas needs to hear that Israel will oust it from Gaza if necessary,” to be quite interesting. Even 100% pro-Pal FB friends agreed on this score (on the analysis’s interest, if not its conclusions).

Also in TOI is an analysis (July 17th) by its political correspondent Haviv Rettig Gur, “The tragic self-delusion behind the Hamas war.” The lede: In the ongoing conflict between Israel and Hamas, weakness is power, and power—well, it’s complicated.

Yes, complicated indeed. More next time.

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PS rally, Lyon, May 23 2014

PS rally, Lyon, May 23 2014

I turned on LCP last night, to see what was on, and caught live coverage of the Socialists’s final election rally, in Lyon, with party bigwigs in the front row and Martin Schulz the guest of honor. Manuel Valls had just started his speech, which I watched to the end. He was good! both on form and substance. The focus was on Europe. To watch it, go here and scroll down. After Valls’s speech LCP went live to Jean-François Copé’s UMP rally in Evreux. What a contrast. Whereas Valls was uplifting and Europe-focused—and with frequent references to Martin Schulz and the importance of him being elected the next president of the Commission—, Copé spoke almost exclusively about national politics, mainly beating up on François Hollande, the PS, and Marine Le Pen. It was a repeat performance of the Thursday night event on France 2 (see previous post). Lamentable partisan hackery. He mentioned Europe only in passing and, unless I missed it, made not a single reference to Jean-Claude Juncker, the presidential candidate of the European Peoples Party—the Europarty of which the UMP is a member. The UMP has not put the speech on its website, though this one from two days earlier looks to have been much the same. The sooner the UMP dumps him as party president—which may well happen sooner rather than later—, the better.

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This is an extended Tweet, i.e. no deep analysis. “Des paroles et des actes,” France 2’s periodic Thursday evening public affairs show, was devoted last night to the European elections. One+ hour of back-to-back interrogations of reps of the six major formations followed by a one-hour debate with all: Stéphane Le Foll (PS), Jean-François Copé (UMP), François Bayrou (UDI-Modem), Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (FdG), and Marine Le Pen (FN). I was initially not going to watch it—other and better things to do on a Thursday evening, who needs to listen to French political hacks and their demagoguery or langue de bois for the umpteenth time, etc, etc—but couldn’t help myself. If one wants an idea as to the state of the European debate in the French political class, this is where to go. Not brilliant. Loin s’en faut. Stéphane Le Foll—who was, until two years, not a first-tier Socialist—was the best; he impressed, both on form and substance, and strove to stay focused on European issues. The écolo Yannick Janot—unknown to the grand public (and myself)—was honest and solid. François Bayrou was François Bayrou; his well-known and well-worn federalist position on Europe is compelling but will likely fall on deaf ears these days. Mélenchon was also Mélenchon (and with his trademark red necktie), but I thought he was somewhat off form, stumbling over the stupid first question lobbed at him—on why the Front de Gauche isn’t doing better in the polls—, which he should have dismissed as irrelevant and not answered; and he only mentioned in passing his formation’s European presidential candidate, Alexis Tsipras. J-F Copé’s partisan hackery was pathetic and lamentable, as was his using the occasion to beat up on President Hollande and the PS rather that speak to European issues; the UMP—which is all tied up in knots over Europe (Nicolas Sarkozy’s tribune in Le Point being the latest demonstration)—would have been well advised to send someone else—e.g. Alain Juppé or Bruno Le Maire—to represent it in such a debate. But the worst was Marine Le Pen. I don’t know how anyone can bear to listen to that grosse conne and her abject demagoguery. If, par malheur, her party ends up sending 15 or 20 MEPs to Strasbourg, France will get what it will get: ridicule and diminished influence in the halls of European institutions. As José Bové incessantly repeats, a vote for the FN in the European elections is a vote wasted, as FN MEPs, when they even bother to show up in Strasbourg or Brussels, have no interest in European issues, have no idea what they’re talking about when they do try to speak on those issues, and have zero influence.

Here is Thomas Legrand’s commentary on last night’s debate. And here’s his commentary yesterday on Jean-Luc Mélenchon’s discourse on Europe.

The reviews of Sarkozy’s Le Point tribune haven’t been too positive. E.g. Sylvie Goulard, Modem MEP and Européenne du premier plan, takes it apart here and here (at 03:20).

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#TellEUROPE

EuroDebate

Two weeks ago I posted on the first-ever European presidential debate—for the presidency of the European Commission—, that was held on April 28th in Maastricht. Two nights ago another debate was held, before an audience at the European Parliament in Brussels, this time with all five candidates: Jean-Claude Juncker, Martin Schulz, Guy Verhofstadt, Ska Keller, and Alexis Tsipras. The organization was stricter than the previous one, with the candidates limited to one-minute responses to each question. The moderators asked them to speak in English, so as to facilitate the simultaneous translation into the 24 official languages of the European Union, three of whom did (Juncker spoke in French and Tsipras in Greek). It was a pretty good debate. Schulz—who’s my candidate—was okay, Verhofstadt—by the far the best last time—was good, but the one I really liked was Ska Keller. She’s articulate, passionate, politically congenial, and gives an all-around positive impression. But, of course, she has no chance whatever of being chosen by the European Council. À propos, the candidates all made it clear that the successor to José Manuel Barroso will be one of them, that the European Parliament will approve no one other, and that the European Council needs to respect the will of the European electorate on this. Indeed. If David Cameron or some other wanker on the European Council refuses to endorse one of the five and tries to pull someone else out of a hat, it will spawn a crisis in the EU and further undermine the EU in the eyes of tens of millions of Europeans. And it will likely not fly in the end.

Then again, it might. Charles Grant of the top-flight think tank the Centre for European Reform, writing two days ago on “Presidential candidates, European federalism and Tony Giddens,” asserted that the President of the Commission is nominated by the European Council, that this is in the EU treaties, and the said Council may propose any candidate it pleases so long as the results of European elections are “[taken] into account.” On verra bien.

The debate (90 minutes) may watched in its entirely here in English et ici en français.

Voici un commentaire sur le débat par Bernard Guetta, sur les ondes de France Inter hier matin, qui l’a appellé “Le premier pas de la démocratie européenne

Dommage, vraiment dommage, que les grandes chaînes publiques n’aient pas retransmis ce débat d’hier soir. Dommage car c’était un vrai débat sur l’Europe entre les chefs de file des cinq grands courants politiques paneuropéens – gauche, droite, Verts, centristes et gauche de la gauche. Dommage car ces quatre hommes et cette jeune femme, Ska Keller, la chef de file des Verts qui a crevé l’écran par sa fraîcheur et sa cohérence, ont su donner à voir leurs différences sans jamais s’invectiver, pas une seconde, et montrer par là qu’il n’y a pas une mais des politiques européennes.

Dommage car on a vu là qu’aucun de ces grands courants ne prônait la fin de l’Union ou la sortie de l’euro et que ceux qui en sont partisans sont tellement divisés qu’ils n’ont pas pu – raison de leur absence de ce débat – se donner un chef de file transcendant les appartenances nationales. Et dommage, enfin, car on a entendu hier soir, beaucoup de choses importantes et notamment deux.

La première est qu’aucun des chefs de file de ces cinq courants n’imagine plus que le futur président de la Commission puisse ne pas être celui d’entre eux auquel le suffrage universel aura donné une majorité ou qui aura pu constituer une coalition majoritaire dans le futur Parlement. Tous ont dit qu’il y aurait déni de démocratie si les dirigeants des vingt-huit Etats membres tentaient de s’y opposer. Il y a unanimité sur ce point des cinq courants et l’on ne voit en effet plus maintenant comment le futur président de la Commission pourrait continuer à procéder d’un obscur compromis entre dirigeants nationaux et non pas du suffrage universel.

Tout semble bien dire qu’on est à la veille d’un vrai progrès de la démocratie européenne et, par conséquence, d’un rééquilibrage des pouvoirs entre la représentation des Etats et celle de l’Union, entre le Conseil européen, d’une part, où siègent les dirigeants nationaux et qui décide aujourd’hui de tout et, de l’autre, le Parlement et la Commission.

La deuxième chose importante est que l’on sentait bien hier soir, qu’au-delà de leurs différences, les cinq étaient d’accord pour promouvoir une politique sociale européenne, plus ou moins affirmée bien sûr. Le candidat des conservateurs, Jean-Claude Juncker, n’a logiquement pas cessé d’insister sur la nécessité de maintenir les politiques de redressement des comptes publics mais lui-même s’est déclaré partisan de l’instauration d’un salaire minimum européen et de la définition d’un socle social auquel tous les Etats devraient se tenir. Pour le reste, ce n’était pas la même chose. La candidate verte voulait la relance par l’investissement dans l’économie verte et les énergies renouvelables.

Martin Schulz, le candidat de la gauche, insistait, lui, sur la chasse à la fraude et l’évasion fiscales qui permettrait, disait-il, de faire l’économie de bien des économies budgétaires. Alexis Tsipras, celui de la gauche radicale, appelait à l’effacement de tout ou partie des dettes publiques. On retrouvait là tous les éléments d’identité politique de ces courants mais on comprenait aussi qu’aucun ne voulait poursuivre avec la seule rigueur et ce débat aura marqué, en un mot, les tout premiers pas d’une démocratie européenne.

Et voici un commentaire de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération

Les mastodontes télévisuels français (TF1, F2 et F3) sont passés à côté de l’événement de ce début de siècle : la naissance de la démocratie européenne, l’émergence d’un espace public européen, la fin de l’Europe opaque des Etats. Le débat entre les cinq candidats à la présidence de la Commission, une première dans l’histoire de la construction communautaire, a montré où se situaient les vrais enjeux, non plus au niveau national, mais au niveau fédéral. En dépit du format contraignant imposé (trop de questions, des réponses limitées à une minute, l’interprétation), une véritable émotion est passée, celle de l’Europe en train de se faire. Deux Allemands, un Luxembourgeois, un Belge et un Grec ont débattu entre eux en anglais, en français et en grec de questions dont on a pu s’apercevoir qu’elles n’étaient plus nationales, mais transnationales : l’euro, l’immigration, les budgets, la croissance, le chômage, la solidarité, les valeurs, la laïcité, etc.

On a pu voir l’histoire en train de se faire lorsque les cinq, en cœur, ont affirmé que les chefs d’Etat et de gouvernement n’avaient plus d’autre choix que de choisir l’un d’entre eux au lendemain du 25 mai : la dynamique démocratique lancée par les partis politiques européens, lorsqu’ils ont décidé de désigner des candidats à la présidence de la Commission, est telle que rien ne pourra l’arrêter. Angela Merkel peut bien être réticente, David Cameron agiter un droit de veto qu’il n’a plus depuis longtemps, on ne voit pas comment le Conseil européen pourra ignorer le choix des électeurs et sortir de son chapeau un sixième homme ou femme qui n’a pas concouru. Le Parlement européen a pris le pouvoir et les citoyens doivent en prendre conscience.

Ce qui m’a aussi frappé, c’est l’absence de débat artificiel entre les candidats, style«faut-il sortir de l’euro»«faut-il quitter l’Union» ? Car, en réalité, ce sont des slogans, des artifices, aucun politique ne l’envisageant sérieusement en dehors de l’extrême droite, chacun connaissant le prix à payer. L’enjeu, et Alexis Tsipras de la gauche radicale l’a bien dit, ce sont les politiques menées. Personne n’est locataire de l’Europe, tout le monde en est copropriétaire et le consensus européen et de ne pas mettre le feu à la maison. L’absence ce soir de l’extrême droite et des souverainistes, incapables de s’entendre sur le nom d’un étranger pour les représenter, était de ce point de vue remarquable. Ils sont tonitruants en France ou en Grande-Bretagne, ils sont marginaux en Europe.

Et puisqu’il faut désigner un vainqueur : sans conteste l’écologiste Ska Keller qui a montré que la jeunesse avait faim d’Europe et qui a donné faim d’Europe. Alexis Tsipras a été aussi excellent, montrant que la gauche radicale pouvait ne pas être vociférante.

Le commentaire de Quatremer est suivi par d’autres—journalistes et universitaires—dans Libé.

Interesting that Quatremer found Alexis Tsipras “excellent.” I wasn’t overly impressed with him. And one commentator on the blog of the Centre for European Politics declared outright that “For Tsipras, it’s nulle points“…

RDV le dimanche 25.

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Paris Bourse, January 1999: celebrating the introduction of the euro (photo: AFP)

Paris Bourse, January 1999: celebrating the introduction of the euro (photo: AFP)

France 2 broadcast a 1 hour 40 minute documentary two nights ago on “Le Roman de l’euro,” produced in cooperation with Le Nouvel Observateur and presented by David Pujadas and the (very smart and excellent) economist Daniel Cohen. Here’s France 2’s summary

La monnaie unique a vu le jour il y a douze ans, redessinant à long terme les contours de l’économie européenne. Michel Rocard, François Fillon, Wolfgang Schauble ou encore José Luis Zapatero, racontent les coulisses «du Roman de l’Euro». Par ailleurs, Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur du FMI, s’exprime au cours d’une interview exclusive.

DSK is good here. As for the documentary as a whole, IMO it could have been stronger in detailing the arguments for and against the single currency when the project was elaborated in the early ’90s—I do a more thorough job of it in my class on the EU—, but gets better as it moves into the post-2008 crisis years. For those interested in the topic, the documentary may be seen via YouTube here (en français, évidemment).

In the interests of fairness and balance, here’s a critique of the documentary by the gauchiste economist Jacques Sapir, who calls it “Le roman (noir) de l’euro.”

On the subject of the euro, the Financial Times had a four-part must read series this past week on “How the euro was saved,” authored by FT Brussels correspondent Peter Spiegel. In a short video introducing the series, Spiegel “recounts the moments in 2011 and 2012 when the euro came closest to collapse, and how politicians and bureaucrats battled over the solutions that eventually saved [it].”

In part 1 of the series—”‘It was the point where the eurozone could have exploded'”—”on the year [2011] that forever changed Europe, Peter Spiegel recreates the three bitter days in November when the eurozone crisis hit its lowest moment”

In part 2—”Inside Europe’s Plan Z”—Spiegel “reveals how a secret strategy was developed to contain the firestorm from a Greek exit.”

Part 3—”‘If the euro falls, Europe falls’”—”examines Angela Merkel’s deft political moves that led to the end of the crisis.” One may also add the role President Obama played at a critical moment—and not mentioned in the France 2 documentary—, that obliged Merkel to change her position.

In the conclusion of the series—”The eurozone won the war – now it must win the peace”—Speigel says that “[t]he acute phase of the crisis is over but underlying weaknesses remain.”

As I said, the series is well worth reading. FT non-subscribers will have to register to access it (the free registration option offering eight free articles a month).

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charb_charlie-hebdo-15012014

Charb, chroniqueur et dessinateur à Charlie Hebdo, et directeur de la publication, a eu une belle chronique dans le numéro du 15 janvier 2014, intitulé “Ras le bol du ping-pong sioniste, antisioniste!” Vu que Charlie Hebdo met très peu de son contenu sur son site web, j’allais transcrire la chronique entière, mais je vois qu’elle a bel et bien été publiée sur son site, le 19 février. Donc la voici. Ça vaut la peine d’être lu.

Par ailleurs, si on cherche une définition véridique du sionisme—ce qui est neutre et ne se prête pas à la polémique—, je recommende la tribune de l’écrivain israëlien A.B. Yehoshua, “Ce que «sioniste» veut dire,” publiée dans Libération le 31 mai 2013.

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24 jours film affiche

J’ai vu ce film hier. Vu qu’un autre film sur Ilan Halimi et le “gang des barbares” est actuellement en production—’Tout, tout de suite’, réalisé par Richard Berry—, je vais attendre la sortie de celui-là avant de faire un billet de blog sur le film d’Alexandre Arcady (c-à-d, je vais écrire sur les deux ensemble). Entre-temps, voici une critique de spectateur (3-étoiles: pas mal) que j’ai publié aujourd’hui sur Allociné:

J’hésite normalement à voir les films d’Alexandre Arcady, réalisateur très “moyen de gamme” et qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a jamais fait un chef d’œuvre, mais vu le sujet de celui-ci, je ne pouvais pas ne pas le voir. Le film est dur à regarder, voire insoutenable, mais nécessaire. Le crime antisémite le plus atroce en France depuis la 2ème guerre mondiale — qui a eu lieu au 21ème siècle et en bande organisée composée de membres de la jeune génération – justifie bien un traitement cinématographique et de ne pas tomber dans l’oubli du grand public. Hormis quelques scènes mélos, Arcady s’en sort assez bien. Ce qu’il montre sur l’enquête policière provient du livre de Ruth Halimi (la mère de la victime) – qui a collaboré avec lui dans le développement du film – donc le point de vue d’un acteur dans le drame. Mais quant à la manière dont Arcady dépeint les conditions de la séquestration d’Ilan Halimi et le comportement du psychopathe Youssouf Fofana et la bande de tarés sous son emprise, celle-ci est 100% juste. Les faits de l’affaire sont avérés. Il n’y a pas de quoi discuter là-dessus. Pour tout ce qui concerne le “gang des barbares” il n’y a pas une seule scène dans le film qui est exagérée.

À ce titre, je suis ulcéré par les commentaires de demi-étoile (‘nul’) des spectateurs Allociné (27% à ce jour), qui s’en prennent, dans leur grande majorité, au côtés prétendument “communautariste” et “clivant” du film, c-à-d, ils sont contrariés par un film dont les protagonistes sont juifs et qui traite d’un crime antisémite commis par une bande de racailles de toutes les couleurs mais menée par des blacks et des beurs. Mais vu que le film montre exactement ce qui s’est passé, où est le problème? Comment Arcady aurait-il pu le faire autrement? Peut-étre ces brillants spectateurs auraient préféré que le film ne soit pas fait du tout, qu’on n’en parle plus de cette histoire d’Ilan Halimi et le “gang de barbares”? Et pourquoi? Parce que l’histoire d’un feuj torturé à mort par des blacks et beurs – et parce que feuj – ça les emmerde. Parce que ces sympathiques spectateurs ont un problème avec les juifs. En effet, je suis sûr et certain qu’un certain nombre – sinon la majorité – de ces détracteurs du film ne l’ont pas vu, que leurs commentaires sont basés sur la bande-annonce, ou d’un commentaire sur le film par Dieudonné (dont ces détracteurs sont très certainement des affidés dans leur quasi-totalité). Voilà, la judéophobie est bel et bien vivante dans une frange de la société française.

MISE AU POINT: Il se peut que je sois allé un peu vite en besogne en laissant entendre que les détracteurs du film étaient dérangé par le côté feuj-beur-black. D’autant que je sache, un grand nombre de ces spectateurs d’Allociné – peut-être même l’écrasante majorité – sont des petits blancs: des Français BBR bien-de-chez-nous. On sait bien que Dieudonné a beaucoup de fans chez les “souchiens”, qui n’aiment pas trop les juifs – c’est une litote – mais qui fustigent tout “communautarisme”. Sauf le leur, évidemment, le communautarisme des Français…

Par ailleurs, j’ai des commentaires sur Dieudonné, qu’on peut lire ici et ici; aussi ici et ici.

Et voici une critique du film d’Alexandre Arcady par Philippe Bilger—le très connu et politiquement droitier magistrat à la retraite—dans son blog, Justice au Singulier.

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ilan_halimi

Paris,_Jardin_Ilan-Halimi,_Plaque

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