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EuroDebate

Two weeks ago I posted on the first-ever European presidential debate—for the presidency of the European Commission—, that was held on April 28th in Maastricht. Two nights ago another debate was held, before an audience at the European Parliament in Brussels, this time with all five candidates: Jean-Claude Juncker, Martin Schulz, Guy Verhofstadt, Ska Keller, and Alexis Tsipras. The organization was stricter than the previous one, with the candidates limited to one-minute responses to each question. The moderators asked them to speak in English, so as to facilitate the simultaneous translation into the 24 official languages of the European Union, three of whom did (Juncker spoke in French and Tsipras in Greek). It was a pretty good debate. Schulz—who’s my candidate—was okay, Verhofstadt—by the far the best last time—was good, but the one I really liked was Ska Keller. She’s articulate, passionate, politically congenial, and gives an all-around positive impression. But, of course, she has no chance whatever of being chosen by the European Council. À propos, the candidates all made it clear that the successor to José Manuel Barroso will be one of them, that the European Parliament will approve no one other, and that the European Council needs to respect the will of the European electorate on this. Indeed. If David Cameron or some other wanker on the European Council refuses to endorse one of the five and tries to pull someone else out of a hat, it will spawn a crisis in the EU and further undermine the EU in the eyes of tens of millions of Europeans. And it will likely not fly in the end.

Then again, it might. Charles Grant of the top-flight think tank the Centre for European Reform, writing two days ago on “Presidential candidates, European federalism and Tony Giddens,” asserted that the President of the Commission is nominated by the European Council, that this is in the EU treaties, and the said Council may propose any candidate it pleases so long as the results of European elections are “[taken] into account.” On verra bien.

The debate (90 minutes) may watched in its entirely here in English et ici en français.

Voici un commentaire sur le débat par Bernard Guetta, sur les ondes de France Inter hier matin, qui l’a appellé “Le premier pas de la démocratie européenne

Dommage, vraiment dommage, que les grandes chaînes publiques n’aient pas retransmis ce débat d’hier soir. Dommage car c’était un vrai débat sur l’Europe entre les chefs de file des cinq grands courants politiques paneuropéens – gauche, droite, Verts, centristes et gauche de la gauche. Dommage car ces quatre hommes et cette jeune femme, Ska Keller, la chef de file des Verts qui a crevé l’écran par sa fraîcheur et sa cohérence, ont su donner à voir leurs différences sans jamais s’invectiver, pas une seconde, et montrer par là qu’il n’y a pas une mais des politiques européennes.

Dommage car on a vu là qu’aucun de ces grands courants ne prônait la fin de l’Union ou la sortie de l’euro et que ceux qui en sont partisans sont tellement divisés qu’ils n’ont pas pu – raison de leur absence de ce débat – se donner un chef de file transcendant les appartenances nationales. Et dommage, enfin, car on a entendu hier soir, beaucoup de choses importantes et notamment deux.

La première est qu’aucun des chefs de file de ces cinq courants n’imagine plus que le futur président de la Commission puisse ne pas être celui d’entre eux auquel le suffrage universel aura donné une majorité ou qui aura pu constituer une coalition majoritaire dans le futur Parlement. Tous ont dit qu’il y aurait déni de démocratie si les dirigeants des vingt-huit Etats membres tentaient de s’y opposer. Il y a unanimité sur ce point des cinq courants et l’on ne voit en effet plus maintenant comment le futur président de la Commission pourrait continuer à procéder d’un obscur compromis entre dirigeants nationaux et non pas du suffrage universel.

Tout semble bien dire qu’on est à la veille d’un vrai progrès de la démocratie européenne et, par conséquence, d’un rééquilibrage des pouvoirs entre la représentation des Etats et celle de l’Union, entre le Conseil européen, d’une part, où siègent les dirigeants nationaux et qui décide aujourd’hui de tout et, de l’autre, le Parlement et la Commission.

La deuxième chose importante est que l’on sentait bien hier soir, qu’au-delà de leurs différences, les cinq étaient d’accord pour promouvoir une politique sociale européenne, plus ou moins affirmée bien sûr. Le candidat des conservateurs, Jean-Claude Juncker, n’a logiquement pas cessé d’insister sur la nécessité de maintenir les politiques de redressement des comptes publics mais lui-même s’est déclaré partisan de l’instauration d’un salaire minimum européen et de la définition d’un socle social auquel tous les Etats devraient se tenir. Pour le reste, ce n’était pas la même chose. La candidate verte voulait la relance par l’investissement dans l’économie verte et les énergies renouvelables.

Martin Schulz, le candidat de la gauche, insistait, lui, sur la chasse à la fraude et l’évasion fiscales qui permettrait, disait-il, de faire l’économie de bien des économies budgétaires. Alexis Tsipras, celui de la gauche radicale, appelait à l’effacement de tout ou partie des dettes publiques. On retrouvait là tous les éléments d’identité politique de ces courants mais on comprenait aussi qu’aucun ne voulait poursuivre avec la seule rigueur et ce débat aura marqué, en un mot, les tout premiers pas d’une démocratie européenne.

Et voici un commentaire de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération

Les mastodontes télévisuels français (TF1, F2 et F3) sont passés à côté de l’événement de ce début de siècle : la naissance de la démocratie européenne, l’émergence d’un espace public européen, la fin de l’Europe opaque des Etats. Le débat entre les cinq candidats à la présidence de la Commission, une première dans l’histoire de la construction communautaire, a montré où se situaient les vrais enjeux, non plus au niveau national, mais au niveau fédéral. En dépit du format contraignant imposé (trop de questions, des réponses limitées à une minute, l’interprétation), une véritable émotion est passée, celle de l’Europe en train de se faire. Deux Allemands, un Luxembourgeois, un Belge et un Grec ont débattu entre eux en anglais, en français et en grec de questions dont on a pu s’apercevoir qu’elles n’étaient plus nationales, mais transnationales : l’euro, l’immigration, les budgets, la croissance, le chômage, la solidarité, les valeurs, la laïcité, etc.

On a pu voir l’histoire en train de se faire lorsque les cinq, en cœur, ont affirmé que les chefs d’Etat et de gouvernement n’avaient plus d’autre choix que de choisir l’un d’entre eux au lendemain du 25 mai : la dynamique démocratique lancée par les partis politiques européens, lorsqu’ils ont décidé de désigner des candidats à la présidence de la Commission, est telle que rien ne pourra l’arrêter. Angela Merkel peut bien être réticente, David Cameron agiter un droit de veto qu’il n’a plus depuis longtemps, on ne voit pas comment le Conseil européen pourra ignorer le choix des électeurs et sortir de son chapeau un sixième homme ou femme qui n’a pas concouru. Le Parlement européen a pris le pouvoir et les citoyens doivent en prendre conscience.

Ce qui m’a aussi frappé, c’est l’absence de débat artificiel entre les candidats, style«faut-il sortir de l’euro»«faut-il quitter l’Union» ? Car, en réalité, ce sont des slogans, des artifices, aucun politique ne l’envisageant sérieusement en dehors de l’extrême droite, chacun connaissant le prix à payer. L’enjeu, et Alexis Tsipras de la gauche radicale l’a bien dit, ce sont les politiques menées. Personne n’est locataire de l’Europe, tout le monde en est copropriétaire et le consensus européen et de ne pas mettre le feu à la maison. L’absence ce soir de l’extrême droite et des souverainistes, incapables de s’entendre sur le nom d’un étranger pour les représenter, était de ce point de vue remarquable. Ils sont tonitruants en France ou en Grande-Bretagne, ils sont marginaux en Europe.

Et puisqu’il faut désigner un vainqueur : sans conteste l’écologiste Ska Keller qui a montré que la jeunesse avait faim d’Europe et qui a donné faim d’Europe. Alexis Tsipras a été aussi excellent, montrant que la gauche radicale pouvait ne pas être vociférante.

Le commentaire de Quatremer est suivi par d’autres—journalistes et universitaires—dans Libé.

Interesting that Quatremer found Alexis Tsipras “excellent.” I wasn’t overly impressed with him. And one commentator on the blog of the Centre for European Politics declared outright that “For Tsipras, it’s nulle points“…

RDV le dimanche 25.

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The Story of the Euro

Paris Bourse, January 1999: celebrating the introduction of the euro (photo: AFP)

Paris Bourse, January 1999: celebrating the introduction of the euro (photo: AFP)

France 2 broadcast a 1 hour 40 minute documentary two nights ago on “Le Roman de l’euro,” produced in cooperation with Le Nouvel Observateur and presented by David Pujadas and the (very smart and excellent) economist Daniel Cohen. Here’s France 2′s summary

La monnaie unique a vu le jour il y a douze ans, redessinant à long terme les contours de l’économie européenne. Michel Rocard, François Fillon, Wolfgang Schauble ou encore José Luis Zapatero, racontent les coulisses «du Roman de l’Euro». Par ailleurs, Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur du FMI, s’exprime au cours d’une interview exclusive.

DSK is good here. As for the documentary as a whole, IMO it could have been stronger in detailing the arguments for and against the single currency when the project was elaborated in the early ’90s—I do a more thorough job of it in my class on the EU—, but gets better as it moves into the post-2008 crisis years. For those interested in the topic, the documentary may be seen via YouTube here (en français, évidemment).

In the interests of fairness and balance, here’s a critique of the documentary by the gauchiste economist Jacques Sapir, who calls it “Le roman (noir) de l’euro.”

On the subject of the euro, the Financial Times had a four-part must read series this past week on “How the euro was saved,” authored by FT Brussels correspondent Peter Spiegel. In a short video introducing the series, Spiegel “recounts the moments in 2011 and 2012 when the euro came closest to collapse, and how politicians and bureaucrats battled over the solutions that eventually saved [it].”

In part 1 of the series—”‘It was the point where the eurozone could have exploded’”—”on the year [2011] that forever changed Europe, Peter Spiegel recreates the three bitter days in November when the eurozone crisis hit its lowest moment”

In part 2—”Inside Europe’s Plan Z”—Spiegel “reveals how a secret strategy was developed to contain the firestorm from a Greek exit.”

Part 3—”‘If the euro falls, Europe falls’”—”examines Angela Merkel’s deft political moves that led to the end of the crisis.” One may also add the role President Obama played at a critical moment—and not mentioned in the France 2 documentary—, that obliged Merkel to change her position.

In the conclusion of the series—”The eurozone won the war – now it must win the peace”—Speigel says that “[t]he acute phase of the crisis is over but underlying weaknesses remain.”

As I said, the series is well worth reading. FT non-subscribers will have to register to access it (the free registration option offering eight free articles a month).

Photo credit: AFP

Photo credit: AFP

This a smart, informative free access article I just read on the paywalled independent journalism website Beacon. The author, Lagos-based journalist Peter Tinti, says that

The goal of this article is to contextualize Boko Haram. It is an attempt to fill in the gap between journalistic accounts and existing academic literature in a way that is accessible to readers who wish to better understand Boko Haram, its historical basis, and the current socio-political environment in which it operates. A list of non-journalistic works, to which this article is heavily indebted, is included at the bottom of the page.

For those interested in learning more about Boko Haram—and I presume many people are these days—Peter Tinti’s article is well worth the read.

The Indian election

Narendra Modi

Narendra Modi

[update below]

I don’t follow Indian politics too closely, though am, of course, aware that a general election is underway there, and which will most certainly result in the victory of the BJP and accession to power of its worrisome leader, Narendra Modi. If one wants to get up to speed on this—as I’m trying to do—I can recommend a couple of good articles that I’ve read over the past 24 hours (h/t Mira Kamdar and Roane Carey).

The first is by the well-known South Asia specialist William Dalrymple, “Narendra Modi: man of the masses,” in the New Statesman (May 12th). The lede: Modi, implicated in a massacre in 2002 while chief minister of Gujarat, is poised to become India’s next prime minister. Is he a dangerous neo-fascist, as some say, or the strongman reformer that this country of 1.2 billion people craves?

Modi may be a lifelong member of the fascistic RSS but that does not ipso facto make him personally a neo-fascist. To me, he sounds like an Indian Recep Tayyip Erdoğan—though with some blood on his hands—, which will be just fine for BJP supporters but not so fine for those who don’t support the BJP.

The other article is by Zahir Janmohamed, “Could a Hindu Extremist Become India’s Next Prime Minister?” in The Nation (May 13th). The lede: Narendra Modi’s role in the horrific 2002 anti-Muslim pogrom in Gujarat has never been properly investigated, but now a timely new study is raising the right questions.

Janmohamed, pour l’info, lives in Ahmedabad and is writing a book about the aftermath of the 2002 Gujarat riots, and has previously worked as a foreign policy aide to Congressman Keith Ellison (D-MN) and as the advocacy director for Amnesty International. The “timely new study” Janmohamed reviews in his essay is The Fiction of Fact-Finding: Modi and Godhra, by Times of India journalist Manoj Mitta. Money quote:

In Manoj Mitta’s new book The Fiction of Fact-Finding: Modi and Godhra, published by Harper Collins India, Mitta argues that if there has been no real attempt to get to the truth of Modi’s actions during the riots, it’s because of the “cavalier” approach to justice. Through extensive documentation, Mitta shows that Modi might be on trial today, as opposed to campaigning for prime minister, if only he had been asked the right questions about his role in the riots.

If the US visa ban on Modi—which he was slapped with in 2005—is still in effect, one may assume that it will soon be lifted.

While I’m at it, for those who can get behind the NYRB’s paywall, Pankaj Mishra had a review, in the August 15 2002 issue, of Human Rights Watch’s report ‘We Have No Orders to Save You’: State Participation and Complicity in Communal Violence in Gujarat (in which Narendra Modi is mentioned forty-eight times).

À suivre.

UPDATE: Vinod K. Jose, executive editor of The Caravan: A Journal of Politics & Culture, has a very good article, dated March 1 2012, entitled “The Emperor Uncrowned: The rise of Narendra Modi.”

Sionisme et antisionisme

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Charb, chroniqueur et dessinateur à Charlie Hebdo, et directeur de la publication, a eu une belle chronique dans le numéro du 15 janvier 2014, intitulé “Ras le bol du ping-pong sioniste, antisioniste!” Vu que Charlie Hebdo met très peu de son contenu sur son site web, j’allais transcrire la chronique entière, mais je vois qu’elle a bel et bien été publiée sur son site, le 19 février. Donc la voici. Ça vaut la peine d’être lu.

Par ailleurs, si on cherche une définition véridique du sionisme—ce qui est neutre et ne se prête pas à la polémique—, je recommende la tribune de l’écrivain israëlien A.B. Yehoshua, “Ce que «sioniste» veut dire,” publiée dans Libération le 31 mai 2013.

Diplomacy (the movie)

diplomatie

Today is May 8th—the end of WWII in Europe (69th anniversary)—and a public holiday in France. France is the only country in the world that marks VE Day with a public holiday (on the 8th at least; Russia does it on the 9th). It’s ridiculous that France should have this holiday, as the country had already been entirely liberated by VE Day. Also, with May Day—la Fête du travail—this means that there are two public holidays on the same day two weeks running, which creates problems for people like me, who have to reschedule classes. President Giscard d’Estaing abolished the May 8th holiday but his successor, François Mitterrand, restored it illico when he took office. Hopefully some day it will be abolished again, replaced with some other, more significant date marking WWII, like De Gaulle’s Appeal of June 18th, or the liberation of Paris on August 25th.

À propos, this very good film by German director Volker Schlöndorff, which takes place entirely in Paris on August 24-25, 1944, came out a couple of months ago. It’s adapted from a 2011 play of the same title, set almost entirely in the Hotel Meurice on the Rue de Rivoli—the HQ of the German high command in the city—, of Raoul Nordling, the Swedish consul general in Paris, striving through the night to persuade the German military governor, General Dietrich von Choltitz, to disobey Hitler’s orders to destroy the city the next day (and everything was in place to do so, which would have indeed accomplished Hitler’s evil goal and killed at least 100,000 Parisians in the process). The performances of André Dussollier (Nordling) and Niels Arestrup (von Cholitz)—who were also the actors in the play—are tops. A tour de force. As it happens, the film distorts in some important respects the history of that dramatic night in the Hotel Meurice, mais peu importe. It’s fictionalized history, making for an engaging film. So thumbs up. Hollywood press reviews (tops) are here and here, French reviews (also tops) here, trailer is here.

One WWII-themed film seen of late that does not get the thumbs up is George Clooney’s ‘The Monuments Men’. I would normally run out to see a film on a subject such as this one’s but hesitated for weeks after it opened, as I had read that it played fast and loose with the historical record of a not insignificant episode in the final year of the war—the Allied effort to recover the vast trove of artwork stolen by the Nazis—, playing up the role of the Americans, but not compensating for distorting the historical record—no doubt for base commercial reasons, to appeal to American audiences—by making a riveting and/or engaging film. I have a friend—US based—who happens to be one of the world’s leading authorities on the film’s subject, so I invited him to write a guest review for AWAV. He replied to my offer saying that he hadn’t yet seen it, as he feared the worst. He wasn’t way off base in his premonitions. The cast may be all-star but the performances are uninspired and by-the-numbers. The film drags in stretches, indeed throughout. It’s a clunky, forgettable Hollywood grand spectacle, et avec toutes les ficelles. It doesn’t work at all. George Clooney’s heart is in the right place but he has yet to prove himself as a director. Reviews were not too good on either side of the Atlantic. So unless one really, truly wants to see this one, skip it.

800x

24 jours film affiche

J’ai vu ce film hier. Vu qu’un autre film sur Ilan Halimi et le “gang des barbares” est actuellement en production—’Tout, tout de suite’, réalisé par Richard Berry—, je vais attendre la sortie de celui-là avant de faire un billet de blog sur le film d’Alexandre Arcady (c-à-d, je vais écrire sur les deux ensemble). Entre-temps, voici une critique de spectateur (3-étoiles: pas mal) que j’ai publié aujourd’hui sur Allociné:

J’hésite normalement à voir les films d’Alexandre Arcady, réalisateur très “moyen de gamme” et qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a jamais fait un chef d’œuvre, mais vu le sujet de celui-ci, je ne pouvais pas ne pas le voir. Le film est dur à regarder, voire insoutenable, mais nécessaire. Le crime antisémite le plus atroce en France depuis la 2ème guerre mondiale — qui a eu lieu au 21ème siècle et en bande organisée composée de membres de la jeune génération – justifie bien un traitement cinématographique et de ne pas tomber dans l’oubli du grand public. Hormis quelques scènes mélos, Arcady s’en sort assez bien. Ce qu’il montre sur l’enquête policière provient du livre de Ruth Halimi (la mère de la victime) – qui a collaboré avec lui dans le développement du film – donc le point de vue d’un acteur dans le drame. Mais quant à la manière dont Arcady dépeint les conditions de la séquestration d’Ilan Halimi et le comportement du psychopathe Youssouf Fofana et la bande de tarés sous son emprise, celle-ci est 100% juste. Les faits de l’affaire sont avérés. Il n’y a pas de quoi discuter là-dessus. Pour tout ce qui concerne le “gang des barbares” il n’y a pas une seule scène dans le film qui est exagérée.

À ce titre, je suis ulcéré par les commentaires de demi-étoile (‘nul’) des spectateurs Allociné (27% à ce jour), qui s’en prennent, dans leur grande majorité, au côtés prétendument “communautariste” et “clivant” du film, c-à-d, ils sont contrariés par un film dont les protagonistes sont juifs et qui traite d’un crime antisémite commis par une bande de racailles de toutes les couleurs mais menée par des blacks et des beurs. Mais vu que le film montre exactement ce qui s’est passé, où est le problème? Comment Arcady aurait-il pu le faire autrement? Peut-étre ces brillants spectateurs auraient préféré que le film ne soit pas fait du tout, qu’on n’en parle plus de cette histoire d’Ilan Halimi et le “gang de barbares”? Et pourquoi? Parce que l’histoire d’un feuj torturé à mort par des blacks et beurs – et parce que feuj – ça les emmerde. Parce que ces sympathiques spectateurs ont un problème avec les juifs. En effet, je suis sûr et certain qu’un certain nombre – sinon la majorité – de ces détracteurs du film ne l’ont pas vu, que leurs commentaires sont basés sur la bande-annonce, ou d’un commentaire sur le film par Dieudonné (dont ces détracteurs sont très certainement des affidés dans leur quasi-totalité). Voilà, la judéophobie est bel et bien vivante dans une frange de la société française.

MISE AU POINT: Il se peut que je sois allé un peu vite en besogne en laissant entendre que les détracteurs du film étaient dérangé par le côté feuj-beur-black. D’autant que je sache, un grand nombre de ces spectateurs d’Allociné – peut-être même l’écrasante majorité – sont des petits blancs: des Français BBR bien-de-chez-nous. On sait bien que Dieudonné a beaucoup de fans chez les “souchiens”, qui n’aiment pas trop les juifs – c’est une litote – mais qui fustigent tout “communautarisme”. Sauf le leur, évidemment, le communautarisme des Français…

Par ailleurs, j’ai des commentaires sur Dieudonné, qu’on peut lire ici et ici; aussi ici et ici.

Mise en page 1

ilan_halimi

Paris,_Jardin_Ilan-Halimi,_Plaque

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