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Archive for May, 2012

Le Prénom

This is the latest French hit comedy, that has been filling the salles here since it opened last month and which I saw a couple of nights ago. I was originally not going to bother with it but a friend whose taste I respect gave it the thumbs up. Hollywood Reporter’s critic—the only US one who seems to have seen it so far—also liked the pic (French reviews have generally been good, with those by spectateurs on Allociné particularly enthusiastic). His review begins

A bunch of forty-something buddies find their dinner date transformed into a dinner disaster in What’s in a Name? (Le Prenom), an amusing and well-acted French farce in the pure tradition of boulevard classics Le Diner de cons and Le Pere Noel est une ordure. Adapting their highly successful stage version to the screen with keen comic-timing but much less cinematic panache, Mathieu Delaporte and Alexandre de la Patelliere offer up a lively take on love, friendship and baby-naming that should titillate Francophone audiences and upscale offshore distributors.

I thought it wasn’t bad. On the laugh-o-meter it’s not quite at the same level as ‘Le Dîner de cons‘ or ‘Didier‘, not to mention the marvelous ‘Potiche‘—now those were funny films—, but it does have its moments. Quite a few, in fact. It will be appreciated, in particular, by those with a higher degree in the liberal arts (entre autres, the pic makes sport of left-leaning French academics and their milieu). It’s very much like Roman Polanski’s ‘Carnage‘, in that it is set almost entirely in a living room, with highly educated, middle-aged adults farcically going at one another. It will eventually make it to the US, where it will be a sure-fire hit among the foreign film-seeing crowd.

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The brilliant Front National militants of Hénin-Beaumont. Jean-Luc Mélenchon referred to them as “four alcoholics and ten degenerates” a couple of weeks ago, and which I posted on, wondering if JLM hadn’t committed a faute politique in dissing his opponents in the upcoming election in such terms. Now I wonder if he wasn’t too mild in his denigrations. Marianne reports that frontistes in Hénin-Beaumont have been distributing the above faux tract to voters in the Pas-de-Calais’ 11th constituency over the past three days, to frighten them away from Mélenchon and into the arms of Marine Le Pen (for those who don’t know French, JLM is quoted as having said at his big Marseille rally last month that “There is no future for France without the Arabs and Berbers of the Maghreb”).

Now here’s the thing. Anyone who has studied Arabic for even part of a semester will be doubled over in laughter at the rendering of the language at the bottom of the FN’s fake tract. As Marianne notes, it is written here from left to right, when Arabic is naturally written the other way; but one further notes that the letters all stand alone—which I doubt has ever occurred in the history of the Arabic language—, making it doubly hilarious. I can’t even imagine how the frontistes managed to pull off this double feat—unless it was a piège—as in writing Arabic on a keyboard one has to make a special effort to type the letters so they stand singly, not to mention the wrong way. Mélenchon written in Arabic should normally appear as ميلينشون and not as ن و ش ن ي ل ي م … Seriously, it takes some doing to come up with this one.

So it looks like JLM is not dealing here with quatre alcooliques et dix dégénérés but simply quatorze cons

ADDENDUM: Or maybe they’re quatorze rigolos, who had just seen the hit comedy ‘Le Prénom’ (see following post) and were inspired by the Patrick Bruel character’s refrain in the film: “C’était une blague !:-D

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I linked to a commentary by Bernard Guetta on Monday, on Islamists in power, and now I am again, this one arguing strongly against military intervention in Syria and despite the massacres committed by the regime, as this would only make the situation far worse. He’s right. I think he understates his case, in fact, as a Western-led intervention would not only cause the region—and with Lebanon in the front line—to go up in flames but would be as catastrophic for Syria as the American invasion was for Iraq. Syria is not Libya, as Guetta says. It is Iraq (as I say). Support the Syrian opposition politically and diplomatically—and isolate the regime—but stay out of it otherwise.

L’ampleur du crime est encore plus grande que ce que l’on avait cru. Vendredi, ce n’est pas seulement que l’armée syrienne a bombardé la ville de Houla. C’est aussi que seule une vingtaine de 108 victimes de ce massacre ont été tuées par les tirs d’obus et que les autres, toutes les autre y compris une quarantaine d’enfants, ont été ensuite assassinées de sang froid, par familles entières, après avoir été regroupées dans leur maison.

Cela ressort des témoignages de survivants diffusés hier par la BBC. Le Haut commissariat de l’Onu aux droits de l’homme a confirmé la chose en parlant « d’exécutions sommaires » et l’on comprend maintenant pourquoi tant des victimes portaient des traces de balles ou de blessures à l’arme blanche.

Ce sont ces informations qui expliquent que beaucoup de pays, dont la France, aient décidé hier d’expulser les ambassadeurs de ce régime d’assassins et que François Hollande ait déclaré au 20h de France 2 qu’une « intervention armée n’était pas exclue à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international », c’est-à-dire sur décision du Conseil de sécurité. C’était un message à Bachar al-Assad. Jamais une grande puissance n’avait même envisagé cette éventualité que les Etats-Unis n’ont repoussée que  « pour l’instant »,  ont-ils dit. Le ton monte contre le pouvoir syrien que même la Chine et la Russie ont condamné pour le massacre de Houla mais est-ce à dire, pour autant, que ce qui avait été fait en Libye pourrait l’être en Syrie ?

« Pour l’instant » au moins, non, ce n’est pas le cas car une telle décision ne peut pas être fondée sur la seule indignation, aussi légitime qu’elle soit. Il faut aussi examiner ses implications, penser au coup d’après, soupeser les rapports de force et, à aucun de ces égards, la Syrie n’est la Libye.

Muamar Kadhafi n’avait pas d’alliés, nulle part. Sa chute ne pouvait  guère susciter de déstabilisation régionale mais seulement mener à une partition de la Libye qui n’aurait pas été un drame en soi et aggraver la crise du Sahel qui était, de toute manière, partie pour se développer. Au regard du bain de sang qui menaçait ce pays et de la possibilité que soit donné un coup d’arrêt aux révolutions arabes, ces deux dangers étaient secondaires alors qu’il n’en va pas du tout de même en Syrie.

Le régime syrien est soutenu par l’Iran dont il est le grand allié. Il l’est aussi par l’Irak qui est majoritairement chiite comme le sont l’Iran et la minorité alaouite dont est issu le clan Assad. Le pouvoir syrien n’a qu’un bouton à presser pour mettre le Liban à feu et à sang en s’appuyant sur ses alliés chiites du Hezbollah. La partie serait, en un mot, extrêmement aléatoire et dangereuse puisque tout le Proche-Orient pourrait en être bouleversé et que des forces d’intervention, même aériennes, pourraient vite se retrouver au cœur d’une guerre, d’ores et déjà rampante, entre les deux religions de l’islam, chiisme et sunnisme.

Même si la Chine et la Russie n’y faisaient plus obstacle, une intervention militaire serait loin d’être la panacée et ce régime – les faits sont là – ne pourra être vaincu qu’à l’usure qui d’ailleurs l’atteint déjà. Il sera vaincu mais seulement au bout d’autres longs mois d’horreur et de sang.

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Le Monde had an interesting full-page enquête the other day on the complaints of Greek private sector employers. As the piece is difficult to find on LM’s website even for subscribers, here’s the whole thing

La complainte des patrons grecs
Article paru dans l’édition du 26.05.12

Un secteur public tentaculaire, des syndicats tout-puissants, une politique clientéliste : en Grèce, les entrepreneurs ont une interminable liste de griefs. Eux-mêmes ont délocalisé, négligé la recherche et le développement, pratiqué à outrance l’évasion fiscale

Larissa (Grèce)
Envoyée spéciale

Assez vite, Andreas Liontos a senti le vent tourner. D’abord, il y eut quelques retards de paiement, des explications douteuses, puis plus de paiement du tout. Inéluctablement, sa compagnie d’assurances, créée en 1990 à Larissa, ville agricole du centre de la Grèce, en Thessalie, a basculé dans le rouge. Etranglés par les mesures d’austérité, les Grecs se fichaient bien de souscrire un nouveau contrat d’assurance-vie ou de protéger un véhicule – que le plus souvent ils n’avaient plus. Pour Andreas, l’ardoise a été salée : 5 millions d’euros.

A 45 ans, l’homme, ambitieux et taiseux, n’a pas sombré. Il a compris que son avenir se jouait désormais hors des frontières et qu’il ne devait compter que sur lui-même. « Tout ce que j’ai fait, je l’ai toujours fait seul, sans aide, sans (more…)

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Jean Quatremer, Libération’s Brussels correspondent, has a must read essay on his Libé blog ‘Coulisses de Bruxelles’, “Grèce : le grand malentendu.” He is not too tender toward the Greeks and their apparent lack of will to carry out necessary reforms, and despite the massive, unprecedented transfers they have received from the rest of Europe, not just during the current crisis but since the country was admitted to the EC three decades ago. Read it. The whole thing.

[European Union: who pays, who receives]

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Greek immobilism

Greek writer and philosopher Nikos Dimou had an op-ed in Le Monde last week on how “immobilism in Greece has gone on for way too long.” The piece was translated from English but as I couldn’t find the original version here it is en français

LE MONDE | 24.05.2012 à 13h35

Par Nikos Dimou, écrivain et philosophe grec.

En 2009, quand Georges Papandréou est arrivé au pouvoir, la situation était critique, mais pas désespérée. La Grèce pouvait encore obtenir des prêts sur le marché des titres. Mais le gouvernement s’y est pris tout de travers. Au lieu d’élaguer les dépenses et de miser sur la productivité, il a dilapidé les fonds publics. En mars 2010, au bord de la faillite, la Grèce a dû faire appel à la communauté internationale.

La troïka formée par le Fonds monétaire international, l’Union Européenne et la Banque centrale est venue renflouer la Grèce et l’a exhortée à restructurer son économie. En vain. Certains membres du Pasok (dont des ministres) et les syndicats tout-puissants se sont montrés hostiles à toute réforme. Il s’agissait d’éponger le déficit budgétaire en réduisant la voilure, en allégeant le secteur public, en liquidant les entreprises publiques déficitaires. Et de lutter contre ces fléaux nationaux que sont la corruption et la fraude fiscale.

Au lieu de cela, le gouvernement a procédé à des coupes horizontales de 20 % à 30 % sur les salaires, a augmenté l’impôt sur le revenu et la taxe foncière (acquittés par les rares contribuables honnêtes) et majoré les impôts indirects (la TVA a augmenté de 23 %).

Si les fonctionnaires ont sauvé leur poste, un million de salariés du secteur privé se sont retrouvés au chômage. Sur l’essentiel, rien n’a changé. Les professions “fermées” le sont restées : taxis, notaires, pharmaciens, avocats, transporteurs et une centaine d’autres catégories réglementées sont à l’abri de la concurrence. Nous vivons encore sous le régime des guildes médiévales !

Pourquoi un tel immobilisme ? Le philosophe Stelios Ramfos dénonce une société statique, en proie à l’insécurité, au ressentiment, à la méfiance et à la peur du changement. Cet état d’esprit ne date pas d’hier ; il repose sur des fondements culturels et religieux (de même, la défiance des Grecs envers l’Occident a alimenté plusieurs théories du complot). La seule réforme votée à une écrasante majorité par le Parlement concernait le système universitaire. Même cette loi n’a jamais été appliquée : les universités refusent d’évoluer.

Les lourdeurs et la corruption qui plombent l’administration empêchent l’application des lois et des réformes. Et que dire de son obsolescence ? La plupart des fonctionnaires ne savent pas se servir d’un ordinateur. Des procédures qui pourraient se régler en un clic prennent des semaines. Au cours des dix dernières années, l’Etat a investi 8 milliards d’euros dans des équipements informatiques qui n’ont jamais été utilisés.

Dans un premier temps (le 17 juin, si tout se passe comme prévu), les Grecs auront à élire un gouvernement. Celui-ci devra négocier un nouveau mémorandum. La déflation et la récession sont aujourd’hui les principaux problèmes et, si le pays ne reprend pas la voie de la croissance et de la productivité, il ne pourra pas survivre (encore moins rembourser sa dette !).

Ce qu’il nous faut, c’est une nouvelle génération d’hommes politiques, un nouveau secteur public (plus dense et plus efficace), un nouveau plan économique. Plus important encore, il nous faut adopter une nouvelle mentalité. Le temps est venu de nous secouer de notre torpeur et de nous ouvrir à la modernité. Telle était l’ambition partagée par tous les grands dirigeants politiques grecs au cours de ces deux siècles de liberté. Qui sait ? Peut-être la crise aura-t-elle un effet bénéfique ?

The bit about how most Greek functionaries don’t know how to use a computer struck a personal note with me. From the early 1980s on I had a dear friend in Athens, whom I visited a few times there and carried on a regular correspondence with. When I first wrote her a letter printed from a computer, circa 1986, she took it negatively. She thought the computer-generated printed word was cold, impersonal, unspontaneous, devoid of emotion… I hadn’t heard that one before (and haven’t since). Several years ago—not having heard from her in some time—I called her in Athens and, among other things, asked if she had e-mail. Response: oh no, not at all, don’t know about that. I said that was really too bad, as it’s hard to stay in touch otherwise (does anyone still write letters and send them via the post office?). I imagine she still doesn’t have it (otherwise I think I would have heard about it by now). And my friend was not some time-serving functionary but a lawyer, whose office was in central Athens and home in an upscale suburb (Kifisia). Now I know there are plenty of Greeks who are computer savvy, use the Internet, are on Facebook, etc, etc, but if my friend is at all representative of educated Greeks of her generation (she’s in her late 40s), then, as we say here, la Grèce n’est pas sortie de l’auberge…


[The person on the left (labeled "European inspector") is saying "I have come to impose some order." The person on the right (Greek civil servant sitting at the desk with the message "state apparatus"; there is a pun, see below) responds "Not even Chuck Norris can achieve this, my friend." The pun consists of the use of the word "mihani" (as in ex machina, mechanics, etc) for apparatus; adding an "a" at the beginning has the same effect as adding an "un" in English and the word means something like "unfunctionability". — Thanks to Yannis M. for the translation.]

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Voilà le titre d’un commentaire intéressant sur ce film—toujours en salle en France—par Gérard Horny, journaliste spécialiste de la finance (voir ici). Le film n’est pas un chef d’œuvre—la deuxième moitié est moins forte que la première—mais je l’ai trouvé pas trop mal. Les critiques françaises sont excellentes (ici). Il est mieux que ‘Wall Street : l’argent ne dort jamais’ d’Oliver Stone, ça c’est sûr. Mais le meilleur traitement cinématographique de la crise financière est l’excellentissime documentaire ‘Inside Job‘ de 2010. Si on ne l’a pas vu, il faut le faire.

MISE À JOUR: La nouvelle revue Contreligne a une critique positive de ‘Margin Call’ dans son numéro de juin 2012.

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